Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19 décembre 2006

La santé, ça paie!

Semaine dernière. Nuit de jeudi, 23h. Junior tousse, s'étouffe, angoisse. Pas de médecin de garde au village: appel au SAMU. Mettront une heure à venir, sans Vent**ine pour dilater les bronches. Juste une ordonnance bien longue et 128 € déplacement inclus. Heureusement qu'on a tout fait pour rassurer le gosse pendant ce temps-là...

Départ à la ville direction le commissariat par -3°C après grattage du pare-brise verglacé, il est une heure du mat. Brouillard. Froid. Le planton de service m'ouvre la lourde porte blindée, j'exhibe mes papiers et mon ordonnance. La pharmacienne de garde est tirée de son lit par téléphone, je la rejoins à son officine, elle m'aboie un "j'espère que c'est vraiment urgent" hargneux, ça commence bien; ma réponse "laryngite aigüe avec début d'asthme, enfant de dix ans, ça vous suffira?" la calme. Elle ne prend plus la carte verte à cette heure et puis la carte bleue non plus tant qu'on y est, "vous ne comptiez pas sur ça j'espère", ben si, un peu, "vous avez de l'argent sur vous? sinon je ne vous délivre pas les médicaments", c'est vrai quoi, y a pas plus aimable qu'elle! Une fois rassurée sur le fait que je vais la payer, elle me délivre una partie de l'ordonnance seulement, "ça serait bien si vous aviez l'appoint, ça m'éviterait d'ouvrir ma caisse", c'est à ne pas le croire, j'ai l'air de vouloir lui faire sa caisse? Je sens qu'elle bâcle et rêve de son plumard. Il est deux heures du mat' moi aussi j'ai sommeil, mais je pense au gamin qui attend là-bas dans les bras de sa maman que je revienne.

Et c'est pour ça que je dis merci, que je ne lui fous pas une grande claque dans la tronche quand elle me parle de son "commerce" et de "nous les commerçants", on dirait une épicière! Se souvient-elle de ce que son métier voulait dire quand elle a entrepris ses études ou n'a-t-elle jamais eu d'autre vocation que caissière? Pas un mot gentil pour le gosse! Au revoir madame et à jamais.

Retour au bercail à 2h30, le gamin prend ses potions, respire le produit miracle et s'assoupit un peu dans le salon, tout près de nous. Nous n'avons pas voulu qu'il reparte à l'étage, nous avons bien fait: il réveillera sa mère encore plusieurs fois jusqu'au petit matin, secoué par de violentes quintes et apeuré. 

La prochaine fois - s'il doit vraiment y en avoir une, car on s'en passerait - on filera aux urgences, au moins ils ont les médocs sur place, et puis quoi on a presque nos habitudes à l'hosto nous maintenant! 

15 décembre 2006

A méditer

Si on pouvait réduire la population du monde en un village de 100 personnes, tout en maintenant les proportions de tous les peuples existants sur la terre, ce village serait ainsi composé:

57 asiatiques
21 européens
14 américains (Nord, Centre et Sud)
8 africains

Il y aurait:

52 femmes et 48 hommes
30 blancs et 70 non blancs
30 chrétiens et 70 non chrétiens
89 hétérosexuels et 11 homosexuels
6 personnes possèderaient 59 % de la richesse totale et tous les 6 seraient originaires des USA
80 vivraient dans des mauvaises maisons
70 seraient analphabètes
50 souffriraient de malnutrition
1 serait en train de mourir
1 serait en train de naître
1 posséderait un ordinateur
1 aurait un diplôme universitaire (oui, un seulement)

Si on considère le monde de cette manière, c'est tellement plus évident!

Prenons aussi ceci en considération:

Si tu t'es levé ce matin avec plus de santé que de maladie, tu es plus chanceux que le million de personnes qui ne verra pas la semaine prochaine.

Si tu n'as jamais été dans le danger d'une bataille, la solitude de l'emprisonnement, l'agonie de la torture, l'étau de la faim, tu es mieux que 500 millions de personnes.

Si tu peux aller à l'église sans peur d'être menacé, torturé ou tué, tu as une meilleure chance que 3 milliards de personnes.

Si tu as de la nourriture dans ton frigo, des habits sur toi, un toit sur ta tête et un endroit pour dormir, tu es plus riche que 75 % des habitants de la terre.

Si tu as de l'argent à la banque, dans ton portefeuille et de la monnaie dans une petite boite, tu fais partie des 8 % les plus privilégiés du monde.

Si tu lis ce message sur ton e-mail par exemple, tu as reçu une double bénédiction, parce que quelqu'un a pensé à toi et parce que tu ne fais pas partie des deux milliards de personnes qui ne savent pas lire.


Travaille comme si tu n'avais pas besoin d'argent.
Aime comme si personne ne t'avait jamais fait souffrir.
Danse comme si personne ne te regardait.
Chante comme si personne ne t'écoutait.
Vis comme si le paradis était sur terre.


Envoie ce message à tes amis. Si tu ne l'envoies pas il ne se passera rien du tout. Si tu l'envoies quelqu'un peut réfléchir après l'avoir lu...

09 décembre 2006

Si ça vous chante!

Liste de chansons

 

ayant trait à l'homosexualité

 

Sur Wikipedia

 et aussi

Sur GaysetLesbiennes.com 

et bien sûr toujours l'excellent

HOMOZIKAL 

07 décembre 2006

Faut pas croire!

Ce n'est pas vrai que les rayons ça ne fait pas mal! A bas les idées reçues! 

Les rayons c'est tous les jours ou presque et tu attends ton tour ou le retour de ton ambulancier dans la salle d'attente avec des gens parfois pires que toi. Et tu parles. Et tu écoutes les autres, leur souffrance, leur descente aux enfers, leur courage.

C'est là que tu réalises un peu plus ce qui t'arrive et que c'est loin d'être anodin. Avant tu n'as pas eu le temps et puis tu t'es focalisée sur guérir. Et la chirurgie et les traitements lourds ne t'ont pas trop laissé l'occasion de penser non plus. Et c'est bien. 

Mais là tu commences à avoir le temps de penser parce que tu es moins fatiguée. Et tu commences même à culpabiliser de ne pas bosser parce que tu te sens mieux. Et quand arrive ta troisième semaine de rayons tu recommences à sentir la fatigue et tu te dis que ce n'est pas vrai. Pourtant si c'est vrai. Oh, ce n'est pas comme la chimio et puis tu manges bien et de bon appétit. Non, c'est juste que quand tu dois à nouveau faire la sieste dans la journée et que tes yeux sont bien cernés à nouveau, tu comprends que la forme olympique n'est pas encore là et que tu es drôlement vulnérable tout compte fait.

Tu te dis que finalement le boulot ce n'est pas pour tout de suite. Surtout que ta chef t'a parlé au téléphone quelques jours auparavant quand tu fanfaronnais presque suite à ton début de forme retrouvée. Elle t'a avisée qu'on ne te ferait pas de cadeau quand tu reprendrais ton poste et qu'on attendrait de toi du boulot nickel comme tu fais d'habitude. Et tous les jours! Et que tu ne pourrais pas dire que tu es trop fatiguée. Le jour où tu y retourneras, il faudra que tu sois au top à 100 %. Tiens-toi le pour dit. D'ailleurs on te l'a bien répété.

Et puis il y a ton aîné qui fait des conneries en ce moment et puis des graves encore. Il a été sanctionné et risque un renvoi définitif à la moindre incartade ultérieure. Mais le pire c'est qu'il ne se rend même pas compte à quel point c'est grave. Sûr que là tu te poses des questions, tu ne l'as pas assez responsabilisé, comment redresser la barre au plus vite?

Et puis tu encaisses en plus ses remarques désobligeantes, parce que tu as beau être soignée pour un cancer, il l'oublie un peu en ce moment. Tu arrives à obtenir une discussion avec son père qui pour une fois se mobilise et engueule son rejeton, sauf quand ton fils te traite mal devant lui et qu'il reste silencieux. Quand dira-t-il à ses enfants de respecter leur mère, quand?

Ce gosse se croit le roi du monde à pas encore quatorze ans, croit tout connaîte et tout savoir alors qu'il n'est que mépris, irrespect et mal-être. Il juge ses parents et ses copains. Il estime qu'il est malheureux et que ses parents lui "en font voir", mais refuse d'en parler à qui que ce soit. Il raconte des bêtises aussi, il ment, pire il devient mythomane à un stade inquiétant, bref, il est mal dans sa peau. Son acné ne s'arrange évidemment pas avec tout ça! Il cherche à être aimé de tout le monde et suit trois petits cons qui font... des conneries. Ca lui donne l'impression de s'intégrer à un groupe et d'être bien vu. Et il ne veut pas voir la psy que tu lui proposes, "il n'a pas envie...".

Va falloir remettre tout ce petit monde au pas dès ce week-end et que ça file droit. Mais il faudra en avoir la force et tout de suite encore.

Heureusement tu n'es pas seule, tu sais... 

05 décembre 2006

Grisaille

J'ai supprimé dans la nuit le post édité hier soir. De rage. De tristesse.

medium_Tristesse.jpg

"Quel intérêt ça a? Je ne veux pas qu'on s'apitoie sur mon sort. Tout va bien. Et puis c'est faux, ce n'est pas sept jours sans séance ni douze séances d'effectuées mais treize! Je ne veux pas que tu en rajoutes sur moi. Je veux que tu t'occupes de ton travail et de ce que tu as à faire et pas de moi... etc..."

Il me semble pourtant que jamais je ne me suis apitoyée sur ton sort. C'est vrai, cela fait treize séances de faites - je me suis trompée en comptant, est-ce grave? - et puis les rayons sont décalés d'une semaine par rapport au timing prévu, je ne vois pas trop la différence avec sept jours, il faudra m'expliquer...

Je n'en rajoute pas. Tu ne sembles pas avoir lu le passsage où je parlais tendrement de la douceur de tes cheveux qui repoussent. Tu ne sembles pas avoir deviné mon inquiétude quand je vois ta peau qui rougit lentement alors qu'il reste deux semaines de rayons à accomplir. Tu ne sembles pas avoir fait le décompte des jours avant les vacances de Noël et vu que si cette satanée machine flanche encore, tu verras tes vacances avec les enfants grévées chaque jour par les séances restantes.

Tu n'as pas vu les matins où j'ai retenu un sursaut au réveil tant ton visage amaigri et tes yeux creusés faisaient peine à voir. Tu n'as pas compris l'intérêt du récit de notre combat dans ce blog. Il est écrit pour servir de témoignage, pour ne pas avoir l'impression d'être impuissante face à l'alien, pour mettre une distance entre lui et nous, pour m'aider à ne pas perdre courage et te transmettre toute l'énergie dont je dispose sans faillir. Il est écrit pour veiller sur ton entrée dans le sommeil et chasser les démons à l'heure où ils s'approchent de nous. Il est écrit pour exorciser la douleur et cette saloperie définitivement de toi.

Comment crois-tu que je pourrais travailler ou même simplement vivre sans toi? Tu ne veux pas être le centre du monde, pourtant tu es le centre du mien depuis que je t'aime. C'est vrai je ne suis que "conjointe", ce n'est pas moi qui ai la maladie, je n'ai pas le droit de me plaindre. Mais quand on voit la dégradation due aux traitements, la transformation physique, la fonte musculaire, l'affaiblissement qui résulte de la chimio... Nous ne sommes pas les acteurs certes, nous autres conjoints, mais spectateurs, et ce n'est pas facile tous les jours.

J'ai seulement peur de ta souffrance et je veux que tu te sentes bien. Alors je t'ai emmenée faire de l'exercice toutes les semaines avec moi depuis septembre et tu vois ton poids enfin remonter et ton corps se remuscler. Je suis sûre que tu vas reprendre du poil de la bête (dans tous les sens du terme!) beaucoup plus rapidement. Non je ne m'apitoie pas, ce n'est pas dans ma nature, j'essaie de regarder la réalité en face et d'agir, au mieux de ma conscience. 

Mais cela n'a pas d'intérêt. J'en prends note. 

medium_temps_gris.jpg

02 décembre 2006

Mon héritage...

... ou le jeu à la con mode!
 

Ca alors!medium_Angelina_Jolie.jpg

 

Il paraît que je ressemble à 76% à Angelina Jolie, à 75% à Gwyneth Paltrow et... à 72% à Sally Struthers!

 

 

 

medium_Nancy_Kerrigan.jpg

Quant à ma douce, elle serait le portrait craché de Nancy Kerrigan

à 78%, de Juliette Binoche à 74%, de Sophia Loren à 71% et ... de Sally Struthers à 72% (bah tiens, qui se ressemble s'assemble)!

 

 

 

medium_Sally_Struthers.JPG

Humm! Quand je vois ce que Sally est devenue avec les années, je prends peur. Il y a même des films où elle ne prête vend plus que sa voix. Pourvu que les 28% restants prennent le dessus! 

N'empêche que je crois que vous ne vous rendez pas compte à qui vous parlez! La chance! Grave!

Ben quoi? 

11:30 Publié dans Rire | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Faut rigoler!

Le blog du jour (V)

Un témoignage de plus. Pour être encore plus visible. Elle est canadienne, son blog a dix ans et vaut d'être consulté. 
 

30 novembre 2006

Waouh! C'est la 200e!

Question: Combien faut-il d'internautes pour changer une ampoule?

 

Réponse: tiens, ben vous ferez le total vous-même! Il en faut en effet:

* 1 pour changer l'ampoule
* 4 pour dire qu'ils auraient fait ça différemment.
*41 pour remarquer les erreurs d'orthographe et de ponctuation dans les cinq premiers messages.
* 63 pour critiquer ceux qui ont critiqué l'orthographe.
* 82 pour donner l'adresse du site " changeruneampoule.com ".
* 94 qui préfèrent de loin le site " ampoulechanger.net " .
* 122 qui sont allés visiter les deux sites et donnent leur avis.
* 133 qui recopient la discussion parce qu'ils la trouvent ridicule et l'envoient à tous leurs amis pour les faire rire.
* 489 amis qui répondent en disant "Moi aussi".
* 1 qui annonce la création d'un newsgroup " ampoule.rec.fr " pour discuter du problème.

 [:404:1]

18:35 Publié dans Rire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Faut rigoler!

Le(s) blog(s) du jour (IV)

Le blog du jour vaut le détour: 

Elle est sage, du moins c'est ce qu'elle dit, et elle joue avec ses copines, à quoi elle joue, dis?

 

Et puis ça, j'aime beaucoup, mais alors vraiment beaucoup:

Chez Taomin on ne mâche pas ses mots

 

S'i' y a qu' ça, moi je veux bien poser sur la couverture de Paris-Match avec ma Belle, j'irai pas leur faire un procès après!
Mouais, il y a juste que ça n'aurait pas l'impact de Robin sur les jeunes qui se cherchent et ont besoin de la visibilité de stars comme elle!...  Bon ben va falloir trouver un moyen de devenir des stars les filles, allez au boulot, c'est pour la bonne cause!

29 novembre 2006

Chose promise (4)

... (suite) ...

Non, ça ne serait pas simple du tout. Jusqu'à preuve du contraire j'étais mariée à 100 % et rien en elle ne m'indiquait qu'elle allait s'intéresser à moi sous l'angle où j'envisageais maintenant les choses. Il me fallait d'abord la revoir et constater "de visu" si j'éprouvais  "en vrai" ce que mon rêve m'avait inclinée à ressentir! Il faut dire que l'émotion forte de ce matin-là ne me quittait plus et que je sentais le rouge me monter aux joues à la pensée de ce que mon inconscient nous avait fait faire dans un lit ensemble.

A la rencontre suivante, j'ai bien sûr découvert que ma passion naissante ne me quittait plus, que ses yeux étaient magnifiques, son sourire plein de charme, son port de tête merveilleux, sa silhouette divine et que je devais faire un effort pour ne pas la prendre dans mes bras quand elle passait près de moi. Ce qu'elle pensait des personnes homosexuelles, je le savais déjà, elle avait eu beaucoup d'amis homos dans son adolescence et les différences de toutes sortes ne lui avaient jamais fait peur. Mais comment elle se situait dans sa vie amoureuse et face aux femmes m'échappait encore: très douée pour de solides amitiés mais très peu "physique" en apparence, bien que tendre même en amitié et attentive aux autres, dégoûtée des hommes mais jusqu'à quel point, il me semblait pourtant au fil des jours que si elle m'appréciait énormément, rien d'autre ne pourrait jamais arriver avec elle. J'en pris mon parti, d'autant plus que je n'avais rien à reprocher à Pharaon, qui faisait son possible pour me faire plaisir et que je négligeais pourtant de plus en plus au fil des mois. Cependant, je ne souhaitais pas rompre avec lui, ni le blesser ou le faire souffrir d'aucune manière.

Ce statu quo aurait pu durer je ne sais combien de temps, lorsque soudain Kaya me fit part de son envie de repartir vivre aux USA, pour retrouver ses amis et ses habitudes de vie dans les grands espaces naturels, n'arrivant plus à se faire à notre mode de vie français qu'elle trouvait tellement étriqué et incitant si peu à la méditation ou à la créativité. Elle se disait totalement inadaptée à notre culture, étant devenue incapable de gagner sa vie ici et manquant terriblement d'objectifs de grande envergure. Ce fut un choc pour moi! Elle allait partir? Je ne la verrais donc plus? Je ne pouvais pas supporter cette idée.

Je décidais donc de lui ouvrir mon coeur, de lui dire ce que j'éprouvais pour elle, puisque de toute façon je n'avais plus rien à perdre! Je lui écrivis donc une lettre que j'allai lui porter un soir, sans sonner chez elle, un courrier glissé sous sa porte. Je jouais là un coup de poker, risquant de perdre jusqu'à son amitié avec cette déclaration. Puis je rentrai chez moi où je trouvai Pharaon attablé seul avant son départ pour le boulot, et me trouvant l'air bizarre, " Ca va toi, t'es sûre? ". J'ai dû répondre un quelconque "T'inquiète pas, ce n'est rien" qui l'a rassuré. Je n'ai rien pu avaler de la soirée et j'ai tourné-viré comme un fauve en cage tout en essayant de lire ou de jouer de la guitare pour tuer le temps. Peine perdue. Coup de téléphone. Coeur battant. Incapable de dire une parole. Je me souviens simplement de ses mots à elle: "Tout va bien. Tu m'entends, tout va bien. Je suis ressortie exprès pour t'appeler, il y a du monde autour de moi. Il va falloir que nous parlions longuement toi et moi, je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire. Demain? OK? Dors bien, tout va bien."

Ce sont des ailes qui m'ont portée jusqu'au lendemain, un vent de folie, une légèreté inouïe. J'ai dû passer pour passablement à côté de mes pompes à mon travail, inattentive, souriant aux anges, mais qu'en avais-je à faire? J'étais ivre de joie, d'attente et d'espoir. Puisque "tout allait bien", que pouvais-je craindre? Et le soir a fini par arriver et mes ailes m'ont conduite jusque chez elle. Nous avons tellement parlé ce soir-là! Ma lettre l'avait énormément touchée, elle me trouvait très courageuse d'avoir osé l'écrire, elle n'avait pas pu en faire autant. Oui elle éprouvait un sentiment fort pour moi, et n'avait pas souhaité m'en parler tout en se posant parfois des questions à mon sujet. Mais voilà j'étais mariée, j'attendais quoi d'elle? Elle ne souhaitait pas que je mène une aventure extra-conjugale avec elle, elle me voulait toute ou pas: elle avait trop souffert d'infidélités pour souhaiter faire vivre cela à Pharaon qu'elle trouvait très gentil avec moi quand elle nous voyait ensemble, situation qui me mettait extrêmement mal à l'aise d'ailleurs. Elle préférait repartir à l'étranger puisque de toute façon...

Je me savais incapable de trahison, de coups foireux aussi. Ce fut bien vite réfléchi: "Je vais divorcer"

- Tu es sûre? C'est ce que tu veux?

- Oui, j'en suis sûre. Je n'éprouve plus rien avec lui, je lui fais perdre son temps et le mien. Nous ne sommes même plus un couple tu sais, il ne se passe plus rien entre nous depuis si longtemps, je crois qu'il commence à en souffrir.

Ne sachant comment m'y prendre, j'ai pris pour prétexte quelques jours plus tard une dispute lors d'une soirée chez des amis: je lui ai demandé de nous séparer, j'ai eu le courage de lui dire que je ne l'aimais plus, mais pas celui de lui avouer mes sentiments pour elle. Le premier choc passé, il a souhaité que je reste dans notre studio, préférant louer un meublé de son côté, plus près de son travail. Il m'a demandé mon amitié pour quelque temps. Bien sûr que je n'oubliais pas qu'il n'avait pas de famille ici, ni les presque quatre ans que nous avions passés ensemble! Et puis il a bien voulu divorcer à condition que cela ne lui coûte rien puisqu'il n'avait pas souhaité cette situation: lui il m'aimait encore. Il a été très malheureux pendant quelques temps puis a réussi à surmonter sa peine. Nous sommes restés amis longtemps, il me confiait ses secrets et savait que cela m'importait, notre relation amicale fonctionnait mieux que ne l'avait fait notre amour! Je n'ai jamais rien dit de ma vie "dissolue" mais il a fini par savoir (de bonnes âmes bien intentionnées sont toujours là pour blesser les autres quand on ne leur demanderait que de fermer leur grande gueule). Il a fini par rencontrer la femme de sa vie et je le sais très heureux à ses côtés, ce qui fut très important pour moi. Il demande toujours de mes nouvelles aux miens quand ils se croisent.

Lorsque notre séparation fut officielle, je mis mes plus beaux atours et me fis belle, achetai du champagne et filai chez Kaya. Ce fut moi qui lui pris la main en premier, ce fut elle qui m'embrassa tout d'abord. Puis mon rêve se réalisa, tellement plus beau encore, malgré notre maladresse et notre timidité. Rappelez-vous l'époque, nous étions en train de vivre un interdit, si immoral, si inconnu! Mais ce que j'éprouvais alors me semblait si naturel, si fait pour moi! Et nous avions tout à découvrir de nous! J'allais avoir 23 ans, elle en avait trente et nous avions la vie devant nous!

...(à suivre)...

ps: je corrigerai les fôtes demain, suis vannée, il est tard!

28 novembre 2006

Chose promise (3)

... (suite) ...
 
Je bossais tout en faisant mes études. J'étais mariée. Après quelques galères dans divers jobs pas faits pour lui, mon mari avait fini par trouver un emploi fixe dans la restauration: parler trois langues couramment, pour ce genre de job, ça aide! De mon côté, j'allais à la fac le matin et j'enseignais le reste du temps. Pour rallonger les fins de mois, je donnais également quelques cours de musique - j'ai toujours fini par transmettre ce que je connais, c'est vicéral!

C'est comme ça que j' ai atterri chez elle. Je la nommerai Kaya (en hommage à la chanson de Bob Marley). Elle rentrait des Etats-Unis, d'un douloureux divorce et d'une vie très mouvementée qui l'avait menée à l'autre bout du monde, en Asie comme en Amérique. Elle était un peu plus âgée que moi, une vraie soixante-huitarde elle! Elle avait " fait la route " comme on disait alors, connu le Pakistan, l'Inde, Ceylan, Katmandou, la drogue et la vie en communauté, puis s'était établie dans l'état de New-York tout près du Canada avec un ex-hippie très intelligent et très cultivé, qui la trompait comme au coin d'un bois tout en lui assurant une vie extrêmement confortable. Si vous saviez combien de soixante-huitards sont devenus de grands bourgeois conventionnels!

En mauvaise santé suite à ses nombreux voyages dans des pays à l'hygiène souvent déficiente et lasse de souffrir auprès d'un homme qui ne la respectait guère, elle était revenue vivre auprès de sa famille dans un petit appartement près de chez moi. Elle comptait bien y retrouver des forces et s'adonner à l'une de ses passions favorites, la musique.

Moi qui rêvais d'Asie et de philosophies orientales, je suis tombée sous le charme des récits de ses voyages et notre amitié est née de nos rencontres de plus en plus fréquentes. Nous partagions beaucoup de goûts, qu'ils soient musicaux, cinématographiques ou littéraires, et nous essayions de cheminer dans des voies assez similaires sur un plan personnel, non-violence, aide à autrui et attrait pour diverses cultures.

Je ne me rendais pas compte qu'elle prenait de plus en plus de place dans ma vie, que j'attendais avec une impatience accrue nos retrouvailles, que nous passions de plus en plus de soirées ensemble - comme c'est pratique d'avoir un conjoint absent à l'heure du dîner, n'est-ce-pas! - et que mes pensées étaient souvent pour elle.

Je m'étais très vite ennuyée aupès de celui que j'avais pourtant voulu épouser en connaissance de cause. Avec elle, ma vie rayonnait, des horizons s'ouvraient, je sentais que j'illuminais son existence également, ce n'était pas comme avec lui, la voir heureuse me faisait du bien. Lui, je le sentais heureux avec moi, heureux de mon bonheur quand il réussissait à mettre de la joie dans mon existence: mais moi, je n'arrivais pas à me motiver pour lui. Chercher à faire son bonheur m'avait très vite laissée indifférente, ce qui s'accentuait de plus en plus depuis ma rencontre avec Kaya. Elle, j'étais à l'écoute de ses désirs, spontanément. Et cela me rendait heureuse.
 
Un matin, je me réveillai brutalement dans le lit conjugal. Mon dernier rêve tout frais me laissait sous le choc! J'avais rêvé Kaya dans mes bras, caressé sa peau, embrassé ses lèvres et m'étais vue ne pas pouvoir me décoller d'elle tellement c'était délicieux! Là, j'étais pantelante, au comble de la stupéfaction, auprès d'un homme encore heureusement endormi, ce qui me laissait un peu de temps pour réfléchir. Je me rendais compte de l'énormité de mes pensées. Oui elle me plaisait, oui je la trouvais belle. Non je n'avais pas voulu le savoir jusque là, mais maintenant c'était plus fort que jamais et il n'y avait plus moyen de reculer devant cette émotion si puissante: j'aimais et je désirais, et c'était une femme!
 
A ce moment précis j'ai senti que toute ma vie venait de basculer et que c'était définitif. Cela ne serait pas simple mais je ne reculerais plus devant l'évidence. Je m'étais trouvée. Enfin.
 
  ...(à suivre)...

27 novembre 2006

Chose promise (2)

... (suite) ...
 
Donc fraîchement majeure à 19 ans, avec mon pécule en poche, je suis partie. Qui plus est, ce que je n'avais mais alors absolument pas prévu!... avec un garçon, rencontré durant l'été. Désolée de décevoir certaines d'entre vous qui m'imaginaient peut-être déjà en train de convoler avec la demoiselle de mes rêves  - ou des vôtres! -, là vous devrez encore attendre... un peu!
 
Il était doux et très féminin, ce qui explique beaucoup de choses et notamment que cette relation ait pu exister, il était étranger donc original à mes yeux, ce qui est souvent nécessaire pour m'attirer, et surtout je lui ai plu alors qu'il ne faisait que m'amuser, et m'étonner aussi car différent de ceux que je fréquentais à la fac. Je n'aurais sans doute jamais envisagé notre relation sous l'angle de la séduction s'il n'avait fait lui-même le premier pas!
 
Originaire du Moyen-Orient - nan ce n'est pas Bennnladennn! Appelons-le Pharaon... - il avait 19 ans lui aussi et je lui dois... ma première approche positive de l'homosexualité! Dans son pays en guerre - oui je sais je n'ai pas froid aux yeux, j'ai donc passé pas mal de temps là-bas - j'ai rencontré un de ses cousins que j'ai d'abord pris pour une fille! Bagousé à tous les doigts, djellaba à la limite de la robe ou tailleur de femme à longueur d'année, le visage rond et doux et le cheveu bouclé, ce garçon d'environ 25 ans vivait depuis près de dix ans avec un autre homme à peine plus âgé que lui, fin mais viril, aussi brun qu'il était blond. Cousin Germain et lui logeaient dans un grand appartement confortable appartenant à leur grand-mère; Cousin Germain y exploitait ses talents de femme au foyer et de décoratrice née pour le plus grand bonheur de son compagnon, intellectuel au grand coeur qui préférait s'échiner dans un emploi lucratif puis rentrer enfiler ses babouches et se lover dans les bras de son chéri en fin de journée. Nous avons été reçus royalement chez eux et je m'entendais si bien avec eux que Mère-grand rêvait de me voir épouser Cousin Germain, il faut croire qu'elle n'y voyait plus très bien cette brave vieille.
 
Voir ce couple vivre m'a fait du bien, même s'il m'a fallu beaucoup de temps pour accepter que mon destin risquait de ressembler au leur. Au moins leur vie était simple et personne ne les jugeait, Cousin Germain était "comme ça" depuis toujours et son compagnon était fort apprécié de toute la famille. Il fallait seulement ne pas en parler auprès de certains vieux qui ne comprendraient pas ou ne voulaient pas comprendre. Il semblait d'ailleurs que Cousin Germain fût plus perçu comme une femme que comme un homme!
 
J'y appris aussi incidemment que Pharaon n'avait pas fréquenté que les dames à une époque (poussé par son cousin ou pas, nobody would tell) et qu'il ne tenait pas précisément à ce que je le sache. Décidément je ne cessais de buter dans ce que je me refusais à voir en moi! Mon passage dans ce pays m'a également fait côtoyer de près la très grande misère. Après ça on ne peut plus voir le nôtre avec le même regard et on se plaint un peu moins chez nous.
 
Après plusieurs allers-retours, de nombreuses lettres et quelques avions plus loin, j'ai fini par rentrer en France en ramenant Pharaon définitivement dans mes bagages et en décidant de l'épouser, puisqu'après tout j'étais capable de mener une vie "normale" et qu'il ne pourrait pas rester longtemps en France avec son visa d'étudiant de toute façon. Même si ce n'était pas le paradis avec lui, bien qu'il fût capable de tendresse et m'aimât très sincèrement, je ne me voyais pas recommencer avec un autre. De toute façon, les hommes continuaient à ne pas m'attirer et les femmes continuaient à m'émouvoir, ce que je ne voulais surtout pas admettre et puis j'étais totalement incapable de me projeter dans une relation avec une femme.
 
Ce mariage allait me donner un statut, on allait m'appeler Madame, me considérer et je comptais bien sur ma nouvelle situation pour limiter la main-mise maternelle sur ma vie.  La question des enfants ne se posait pas, je n'en voulais pas encore m'estimant trop jeune; j'argumentais volontiers sur notre monde pourri, 68 avait fait son oeuvre, ce qui m'évitait bien des questionnements. Avec le recul je pense surtout qu'on ne m'avait pas donné suffisamment le goût de la vie pour que je puisse une seule seconde m'imaginer la donner moi-même. J'allais surtout me protéger de mes émotions, me mettre à l'abri de moi, de ma famille, de mes conflits intérieurs. Comme quoi on peut se marier pour de très mauvaises raisons...
 
J'ai fait donc jouer quelques relations familiales pour activer sa naturalisation, et nous nous sommes mariés par un automne pluvieux, il y a eu 30 ans cette année. Je me souviens si clairement de la signature en mairie, je pensais "Happy, tu es en train de faire une hénaurme connerie! Bon ok, fais-là puisque tu y tiens tant. Malesh!"
 
Trois mois plus tard, dans le cadre de mon travail, je rencontrai la femme avec laquelle j'allais passer sept ans de ma vie!
 
(...à suivre...)

21 novembre 2006

On ne rit pas!

Quoique!...

Aujourd'hui je devais passer chez le médecin pour récupérer une ordonnance de magnésium histoire de me dopper un peu avant l'entrée dans l'hiver. Devant sa porte, il y a - ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai pris le temps de les compter - trois de ces bouches d'égout avec un couvercle en métal tout lisse. Il pleuvait des cordes au moment où je me suis garée devant son cabinet. Pourtant je n'ai pas hâté le pas pour autant, chi va piano va sano.

Bien m'en a pris! A peine posé les pieds sur l'une des plaques, je me suis sentie partir comme sur du verglas. Au début j'ai lutté pour tenter de ne pas perdre l'équilibre, mais très vite j'ai senti que je n'y parviendrais pas et que je me dirigeais inexorablement et brutalement vers le sol en saloperie de revêtement de merde bitume granuleux qui entoure les plaques. Je me suis donc laissée entraîner vers l'avant, j'ai posé une main au sol tout en roulant vers ma droite, sous les yeux effarés de deux clients qui attendaient l'ouverture de la porte. Bilan, deux doigts mâchés, des ecchymoses sur le dessus de la main et un genou en compote. Et ce soir, tout le côté droit contracturé un max, en dépit des fortes doses d'arnica ingérées et tartinées depuis. Mais je n'ai rien de cassé, ouf!

Le truc vraiment marrant c'est la toubib qui m'a vue débouler un doigt ensanglanté, la main toute gonflée et le genou explosé, et qui me fait: "Je vous ajoute quoi sur l'ordonnance?" C'est vrai ça, on se croirait au marché! Quant à ma belle, elle m'a demandé si je me prenais pour Marylin Monroe! Bon alors d'abord je ne suis pas blonde, ensuite il n'y a pas de métro en Béarn, enfin j'étais en djeannn... de qui se moque-t-on hein? Et puis le premier qui dit que je devrais regarder où je pose les pieds à mon âge, je le umpfffmmhmgrarffgnakfdgrzgr! Au moins!

medium_Equilibreur.png

 

17 novembre 2006

Six mois!

Aujourd'hui cela fait six mois depuis l'opération de Mary L. Et ce soir s'achèvera aussi la deuxième semaine de radiothérapie, qui se passe plutôt bien pour l'instant: elle applique scrupuleusement les consignes données par son toubib et ne se retrouve pas comme grillée au barbecue.

Tout va bien, elle récupère progressivement de la fatigue des quatre mois de chimio, ses cheveux repoussent - on dirait un poussin, moitié brun, moitié blanc, très rigolo et très doux aussi. Elle se sent bien, cela me ravit.

Je tenais à vous en faire part!