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05 décembre 2007

L'après cancer

L'après cancer n'est pas facile. Plus jamais les choses ne seront comme avant, ça ce fut très clair dès le début pour moi. La "malbête" reste tapie dans un coin de la conscience et l'on s'en méfie, on la craint, on l'appréhende tout en tentant de la rejeter de toutes ses forces. La connaître, déjouer ses armes, la combattre au mieux pour que plus jamais elle ne revienne. Et pourtant aussi se savoir impuissant quant à l'influence des pesticides et autres facteurs environnementaux sur lesquels nous ne pouvons avoir de prise immédiate: nous ne pouvons que les subir en attendant les résultats d'une prise de conscience collective suffisante pour qu'une volonté politique en fasse un vrai problème de santé publique. En attendant, il y a la peur "que ça recommence"... Du moins peut-on agir pour être en forme physique et morale. C'est ce que nous faisons du mieux possible.

Pour elle, la peur a peut-être été moins présente sur l'instant, emportée qu'elle était par l'enchaînement des traitements, la prise en charge médicale très présente, l'envie d'avancer et de passer chaque étape jusqu'à la convalescence. Puis l'idée d'une nouvelle vie, forcément meilleure puisque le goût de la vie revient en force et probablement plus puissamment qu'avant! Comment ne pas avoir envie de vivre plus fort quand on sent qu'on l'a échappé belle et qu'on mesure sa chance de s'en sortir somme toute tellement bien, pas de mutilation, pas de métas, le pronostic vital tout ce qu'il y a de plus favorable, "vous êtes en rémission complète madame".

Mais c'est dans l'après aussi qu'on se rend compte que l'on n'est pas immortel: alors la peur que ça recommence, la peur de mourir deviennent terrible. Et là on se met à vouloir changer sa vie, pour ne plus être dans le contexte qui a peut-être été favorable à la croissance de "la chose de mort" la première fois. Ce boulot qui est parfois si pesant, cette entreprise qui tient cahin-caha, où un deuxième cas de la maladie s'est déclaré cette année chez une femme encore un peu plus jeune, elle s'est dit qu'il fallait en changer! Candidatures spontanées, réponses à des annonces, entretiens, etc. mais du boulot ça ne se trouve pas sous le pied d'un cheval comme disaient les vieux, et l'entreprise brinqueballante, il a bien fallu y retourner. Par une belle journée d'août. Mon père est décédé le lendemain. D'un cancer.

Alors elle va changer quelque chose dans l'éducation de son petit, elle va l'inscrire dans une autre école, plus stricte, plus "cadrante". Combat de l'été pour elle pendant que mon père se meurt, mais nouvel échec: le père du gosse et le fils se cabrent et freinent des deux pieds. Comme d'habitude, "Junior ira où il voudra", dixit son père. Il ira donc dans le même collège que son frère aîné en son temps, sauf qu'il n'est pas son frère et qu'il ne se met pas au travail tout seul celui-là. Il ne s'y met que contraint et forcé... Mary L s'est pris la tête tout l'été pour que rien ne change et qu'une difficile année avec l'enfant commence. Enfant qui, fort de sa victoire, tient tête et s'oppose tant qu'il peut. Un long combat de mère commence, pour faire de lui un homme heureux, si tout va bien.

Avec le grand en pleine adolescence, ça ne va pas fort non plus à la rentrée des classes. Impossible de fixer les week-ends comme on veut, matches supplémentaires, emploi du temps difficile. Pire même, il se met à revenir à la maison en faisant la gueule. Pour quelqu'un qui a envie d'une vie simple et facile, qui rêve de légèreté et de ne plus se prendre la tête, ce n'est pas évident de décoder la première crise affective de son gamin qui a bien du mal à gérer ses émois amoureux débutants. Il se prend même un "si c'est pour faire la gueule, tu n'as qu'à rester dans ta pension le week-end après tout".

Alors elle va changer de vie tout court.  Parce que cette femme avec qui elle vit, si c'était à cause de ça qu'elle était tombée malade après tout? C'est peut-être parce qu'elle ne vit pas la vie qui lui convient que le malheur a frappé! Alors ne pas continuer cette vie, c'est empêcher que le mal ne refrappe une seconde fois... Crise de couple, crise d'identité très forte, homophobie intériorisée poussée à l'extrême et j'en passe. L'après cancer lui fait l'effet d'une seconde crise d'adolescence, elle rêve de tout reconstruire différemment, se revoit ado dans sa famille avec ce qu'ils lui disaient alors, se met à rêver d'une autre vie, de devenir hétéro pour ne pas passer à côté de sa vie, si jamais c'était pour ça qu'elle était faite alors! Elle oublie qu'elle a quarante ans et non quinze (quinze ans, c'est son fils aîné qui va les avoir!...), rêve d'une autre vie non coupable où tout est rose, où tout le monde s'aime, où tout le monde fait tout ce qu'il veut quand il veut, où personne ne s'en veut, où les gamins s'élèvent tout seul sans conflit, où il n'y a plus ni obstacle, ni maladie pour personne. (*) L'île aux enfants quoi. Sauf qu'elle grogne, juge, se méprend, se distord, se braque, se comporte en gamine divisée, torturée, hostile et révoltée, parfois juqu'à l'odieux, jusqu'au rejet de tout et de tous. Automne difficile. Mécanisme connu des oncologues, ça on l'a su il y a quelques jours!... Mais pourquoi ne nous met-on pas en garde, pourquoi un suivi psycho n'est-il pas systématiquement prévu pour gérer l'après?

Traversée du tunnel difficile. J'ai ployé sous l'orage, j'ai frémi pour notre amour que j'ai vu en perdition sur une frêle coque de noix prête à être engloutie par une déferlante plus puissante que les précédentes. Aujourd'hui, le plus noir de la tempête est passé. Un rai de lumière brille au fond du tunnel. Elle tient à nous. Elle tient à moi. Elle me l'a dit et je la crois. Elle a décidé de se faire aider et de faire le point / faire la paix avec elle-même. Je la sens déjà un peu apaisée et prête à goûter plus sereinement le regain de vie qui est le très bon côté de l'après. Les ajustements à trouver, nous les trouverons. Ensemble.

 

(*) Le 9 octobre j'apprenais que le traitement hormonal de m*§@* que j'ai pris pendant six mois et qui m'a valu bien des déboires en plus des cinq kilos gagnés dès le deuxième mois, j'apprenais donc que ce truc n'avait servi à rien et que je devais passer sur le billard pour retirer ces saloperies de polypes de mon utérus. L'intervention est prévue le 19 décembre, plus ça approche et plus je stresse, ça a beau ne pas être une question de vie ou de mort, je crains la douleur, la fatigue postopératoire, ou pire le diagnostic supplémentaire au réveil (**), bref je n'arrive plus à envisager les choses sereinement. Je pense aussi que cette nouvelle-là a dû rajouter un stress supplémentaire à ma belle, à un moment où elle avait du mal à affronter ce genre d'info. L'hôpital, on en a notre dose faut dire. Vraiment besoin de vacances...

(**) faiblement probable il est vrai... mais l'an dernier le risque qu'elle ait un cancer était si infime, si minime, si minuscule, et pourtant... alors maintenant j'ai peur tellement plus facilement. Même si je sais qu'il ne faut pas se projeter dans l'avenir, il y a des moments où l'esprit gamberge! Heureusement à d'autres plus nombreux, c'est moi qui tiens les rênes et l'empêche de battre la campagne! N'empêche..., que tout cela nous a rendues vulnérables!

05 juillet 2007

Une bonne nouvelle

Il en faut!

Aujourd'hui, ma belle a repris le travail en mi-temps thérapeutique après quatorze mois d'arrêt.

Ca veut dire qu'elle fait deux jours de boulot tout de suite et qu'après, avec les congés restants (non pris de 2006), elle n'y retournera que le 20 août.

Yeah!

14 mai 2007

Douche écossaise

En bref:

Jeudi 10 mai,  première mammo-écho de contrôle de ma belle, à 7 jours du premier anniversaire de son opération: RAS, tout va bien. Et bien non, on ne saute pas de joie tout de suite, on commence d'abord par décompresser, par relâcher la vigilance: ça y est, on n'est plus dans l'attente du résultat, ni dans cette forme d'expectative bizarre, moitié tu-te-sens-bien-donc-t'as-sûrement-plus-rien, moitié mais-avec-cette-saloperie-de-maladie-on-ne-sait-jamais, alors il faut prendre le temps de digérer l'information et passer en mode "vigilance en sommeil ". Et puis il va falloir repenser la vie autrement, gérer " l'après ", refaire des projets le coeur léger, gérer la reprise du travail après plus d'un an d'arrêt, etc... Donc l'explosion de joie arrive habituellement en léger différé. Ben nous, on n'en a pas eu le temps.

En effet, vendredi 11 mai, coup de fil atterré de my mother: mon père a très mal à nouveau dans les os du bassin, elle le conduit à l'hôpital. Le soir, il est rentré chez lui. C'est reparti avec la morphine comme en octobre, sauf que là, plus de traitement de la dernière chance. Car, suite à sa demande, il vient de faire l'objet d'un protocole d'essai chimiothérapique durant six mois: bilan, la souffrance a reculé, mais pas le cancer. N'empêche, c'est inestimable ça, six mois de vie de gagnés. Les autres ont été malades à crever avec le traitement, lui, malgré son grand âge, l'a très bien supporté, ce qui épate tout le monde. Le cancer hélas, a refusé de céder du terrain, et a juste été un peu ralenti dans sa marche de mort. Et maintenant il n'y a plus aucun traitement curatif envisageable: nous en sommes au stade dit chimiorésistant, hormonorésistant, radiorésistant. Plus d'armée sur le champ de bataille, la maladie avancera inéluctablement vers sa victoire, qui signera sa mort à elle aussi, il y a une justice.

Palliatif 

Aujourd'hui c'est le long combat final contre la douleur, lutte que j'espère efficace. Jusqu'au bout. Parce qu'il a des métastases partout ou presque, notamment dans les os les plus importants du corps, et que c'est extrêmement douloureux quand la souffrance s'installe. Il est dans le déni complet de sa maladie, il y a quelques jours encore, il se disait " guéri" au téléphone, clamant " c'est un miracle! ". Dans ce déni, nous devons le laisser maintenant. Il nous faudra l'accompagner jusqu'au bout avec le moins de souffrance possible, et je l'espère le plus longtemps possible chez lui.

Je souhaite que les soins palliatifs soient au point, parce que cet homme-là a un amour de la vie rare et qu'il ne la lâchera pas facilement. Pour ce qui est des sites traitant des soins de fin de vie, j'en ai trouvé beaucoup au Canada en bonne place sur Google, je souhaite que nous soyons à la hauteur ici aussi. Personnel soignant, membres du corps médical, si vous avez des renseignements récents sur les solutions vraiment efficaces, merci de me les indiquer.

Quant à ma mère, il n'y a pas de ' traitement ' pour elle, qui doit affronter cette fin lente et inexorable avec courage et tristesse. Comme il doit être dur d'accompagner sur sa dernière route le compagnon de toute une vie! Et d'affronter sa propre vieillesse sans ce compagnon de route auquel elle est tant habituée, bon an, mal an... En tout cas, elle, c'est comme cela qu'elle voit les choses, et je sens que je vais avoir beaucoup de mal à les lui faire percevoir autrement. Et puis, soyons honnête, je ne me verrais pas du tout la continuer sans ma douce, la mienne de route, après encore pas tout à fait sept toutes petites années ensemble, alors...

14 avril 2007

One year!

Aujourd'hui ça fait pile un an. Un an depuis l'annonce de cette saloperie  foutue maladie de merde  #§x@+*& !

Pas bon ce genre d'anniversaire. Ca fout la trouille! Que de questions!

Comment être sûre qu'on ne s'en refabrique pas un de crabe? Comment être sûre qu'on a bien tout compris et qu'on ne se remettra pas en situation d'en héberger un, d'affreux bestiau qui te bouffe dedans sournoisement pour avoir ta peau?

Avec tout ça en tête, elle a peur et elle est triste aussi. Triste de se sentir encore fatiguée, parfois.

Pas si souvent d'ailleurs, moi je trouve, après ce qu'elle a subi! Et courageuse avec ça, pour faire plein de choses à la maison et éduquer les enfants et m'aider aussi.

Je trouve qu'elle a la force de faire beaucoup et même de très bien s'occuper de son grand qui a subi une petite intervention cette semaine: elle n'a pas hésité à rester près de lui une nuit parce qu'il avait peur d'être seul après son opé, à sauter un repas parce qu'on n'avait pas prévu que ça se passe comme ça. Elle est restée auprès de lui pour parler de tout, pour faire passer la nuit plus vite et chasser la douleur, pour échanger des histoires de maman avec son grand fils, pour qu'il apprenne à grandir un peu plus, lui qui se fait tant d'illusions encore sur la vie et ne fait que découvrir qu'il faudra s'y battre!

Même que ça faisait rudement longtemps qu'on n'avait pas été séparées comme ça la nuit et qu'on était très très contentes de se retrouver, encore plus que quand elle partait deux ou trois jours en mission pour son boulot. Depuis la maladie, c'était la première fois que ça arrivait. D'habitude, moi qui aime tant veiller et travailler dans le silence de la nuit, je chasse les ombres de son sommeil avant de venir la rejoindre et la prendre dans mes bras pour ne pas laisser le mal se faufiler. Et je la sens toute endormie qui se blottit très fort contre moi, paisible et rassurée.

Elle est courageuse ma douce. Je l'admire et je l'aime.

22 janvier 2007

Rémission

Nous avons vu son oncologue cette après-midi. C'est rémission complète !

Elle a insisté sur le fait qu’il faut entre six mois et un an après la fin de la chimio pour que l’asthénie (grosse fatigue) disparaisse.

Et donc son arrêt de travail sera prolongé au moins jusqu’à fin juin. Et lorsqu'elle reprendra, ce sera en mi-temps thérapeutique. Prochaine mammographie/échographie en mai pour contrôle.

Je suis soulagée ! Nous sommes soulagées !

Je le vois bien qu'elle est fatiguée. Alors qu'elle, elle ne veut souvent pas se l’avouer.

Elle va prendre le temps. Elle va se ressourcer. Elle en a envie. Et moi je suis ravie.

16 janvier 2007

Tension

RV onco lundi prochain. Contrôles en vue.

Je suis comme un arc tendu, j'apprête ma flèche. Juste au cas où. Eventualité que tout mon être refuse. Rejette. Exclut.

Impossible de rester zen. Plus depuis la mort de F. le 28 décembre. Plus depuis que ... oh! tant de choses, mais à quoi bon les évoquer ici.

Cela me fait penser à ces mots lus dans les " Dialogues avec l'Ange ":

"Si tu enfonces un clou, tu lèves d'abord la main.
Le marteau s'éloigne, mais la force grandit ; elle s'abat.
S'éloigner de Dieu est une force merveilleuse.

Il reste un dernier mur.
Il va s'écrouler si celui qui attaque n'avance pas, mais recule, prend son élan"

 

Ca me va bien ca, mais pourtant aujourd'hui je sens que cela ne me suffit plus...

Un peu plus loin, cette phrase aussi me touche:

"Ce qui a été, ce qui est, ce qui sera, c'est l'éphémère.
Ce qui se transforme -- le Nouveau -- est éternel."

 

Apprendre à aller avec le changement, à glisser toujours et encore dans le sens du courant. Etre à l'écoute, rester attentive aux autres, aux regards muets, aux demandes silencieuses, aux détresses cachées sous la provoc'. J'ai un travail merveilleux qui me permet de donner, de m'oublier, d'être tant sollicitée que j'en oublie de m'inquiéter... sauf quand je ne travaille pas et que je suis seule...

Lâcher prise, apprendre à accepter ce qui est et ce qui sera sans peur. S'apprêter à tous les combats sans bander l'arc trop tôt, ne pas oublier de regarder le paysage autour. Saisir les onces de bonheur éparpillées partout, toujours disponibles. Laisser l'alchimie intérieure se faire.

Happy je suis, happy je reste. Autrement. 

19 décembre 2006

Ca y est! Ca y est!

Ce midi ce fut la dernière séance de radiothérapie pour ma belle!

Les traitements, ils sont finis!

Les traitements, ils sont finis! 

Les traitements, ils sont finis! 

Les traitements, ils sont finis! 

Les traitements, ils sont finis! 

Les traitements, ils sont finis! 

Les traitements, ils sont finis! 

Les traitements, ils sont finis!

 

Létrèteman 'i' son' FINIS!!!!
 

 
YOUPEE!
 
 
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Prochaine étape, RV avec l'oncologue troisième semaine de janvier pour les contrôles.

07 décembre 2006

Faut pas croire!

Ce n'est pas vrai que les rayons ça ne fait pas mal! A bas les idées reçues! 

Les rayons c'est tous les jours ou presque et tu attends ton tour ou le retour de ton ambulancier dans la salle d'attente avec des gens parfois pires que toi. Et tu parles. Et tu écoutes les autres, leur souffrance, leur descente aux enfers, leur courage.

C'est là que tu réalises un peu plus ce qui t'arrive et que c'est loin d'être anodin. Avant tu n'as pas eu le temps et puis tu t'es focalisée sur guérir. Et la chirurgie et les traitements lourds ne t'ont pas trop laissé l'occasion de penser non plus. Et c'est bien. 

Mais là tu commences à avoir le temps de penser parce que tu es moins fatiguée. Et tu commences même à culpabiliser de ne pas bosser parce que tu te sens mieux. Et quand arrive ta troisième semaine de rayons tu recommences à sentir la fatigue et tu te dis que ce n'est pas vrai. Pourtant si c'est vrai. Oh, ce n'est pas comme la chimio et puis tu manges bien et de bon appétit. Non, c'est juste que quand tu dois à nouveau faire la sieste dans la journée et que tes yeux sont bien cernés à nouveau, tu comprends que la forme olympique n'est pas encore là et que tu es drôlement vulnérable tout compte fait.

Tu te dis que finalement le boulot ce n'est pas pour tout de suite. Surtout que ta chef t'a parlé au téléphone quelques jours auparavant quand tu fanfaronnais presque suite à ton début de forme retrouvée. Elle t'a avisée qu'on ne te ferait pas de cadeau quand tu reprendrais ton poste et qu'on attendrait de toi du boulot nickel comme tu fais d'habitude. Et tous les jours! Et que tu ne pourrais pas dire que tu es trop fatiguée. Le jour où tu y retourneras, il faudra que tu sois au top à 100 %. Tiens-toi le pour dit. D'ailleurs on te l'a bien répété.

Et puis il y a ton aîné qui fait des conneries en ce moment et puis des graves encore. Il a été sanctionné et risque un renvoi définitif à la moindre incartade ultérieure. Mais le pire c'est qu'il ne se rend même pas compte à quel point c'est grave. Sûr que là tu te poses des questions, tu ne l'as pas assez responsabilisé, comment redresser la barre au plus vite?

Et puis tu encaisses en plus ses remarques désobligeantes, parce que tu as beau être soignée pour un cancer, il l'oublie un peu en ce moment. Tu arrives à obtenir une discussion avec son père qui pour une fois se mobilise et engueule son rejeton, sauf quand ton fils te traite mal devant lui et qu'il reste silencieux. Quand dira-t-il à ses enfants de respecter leur mère, quand?

Ce gosse se croit le roi du monde à pas encore quatorze ans, croit tout connaîte et tout savoir alors qu'il n'est que mépris, irrespect et mal-être. Il juge ses parents et ses copains. Il estime qu'il est malheureux et que ses parents lui "en font voir", mais refuse d'en parler à qui que ce soit. Il raconte des bêtises aussi, il ment, pire il devient mythomane à un stade inquiétant, bref, il est mal dans sa peau. Son acné ne s'arrange évidemment pas avec tout ça! Il cherche à être aimé de tout le monde et suit trois petits cons qui font... des conneries. Ca lui donne l'impression de s'intégrer à un groupe et d'être bien vu. Et il ne veut pas voir la psy que tu lui proposes, "il n'a pas envie...".

Va falloir remettre tout ce petit monde au pas dès ce week-end et que ça file droit. Mais il faudra en avoir la force et tout de suite encore.

Heureusement tu n'es pas seule, tu sais... 

05 décembre 2006

Grisaille

J'ai supprimé dans la nuit le post édité hier soir. De rage. De tristesse.

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"Quel intérêt ça a? Je ne veux pas qu'on s'apitoie sur mon sort. Tout va bien. Et puis c'est faux, ce n'est pas sept jours sans séance ni douze séances d'effectuées mais treize! Je ne veux pas que tu en rajoutes sur moi. Je veux que tu t'occupes de ton travail et de ce que tu as à faire et pas de moi... etc..."

Il me semble pourtant que jamais je ne me suis apitoyée sur ton sort. C'est vrai, cela fait treize séances de faites - je me suis trompée en comptant, est-ce grave? - et puis les rayons sont décalés d'une semaine par rapport au timing prévu, je ne vois pas trop la différence avec sept jours, il faudra m'expliquer...

Je n'en rajoute pas. Tu ne sembles pas avoir lu le passsage où je parlais tendrement de la douceur de tes cheveux qui repoussent. Tu ne sembles pas avoir deviné mon inquiétude quand je vois ta peau qui rougit lentement alors qu'il reste deux semaines de rayons à accomplir. Tu ne sembles pas avoir fait le décompte des jours avant les vacances de Noël et vu que si cette satanée machine flanche encore, tu verras tes vacances avec les enfants grévées chaque jour par les séances restantes.

Tu n'as pas vu les matins où j'ai retenu un sursaut au réveil tant ton visage amaigri et tes yeux creusés faisaient peine à voir. Tu n'as pas compris l'intérêt du récit de notre combat dans ce blog. Il est écrit pour servir de témoignage, pour ne pas avoir l'impression d'être impuissante face à l'alien, pour mettre une distance entre lui et nous, pour m'aider à ne pas perdre courage et te transmettre toute l'énergie dont je dispose sans faillir. Il est écrit pour veiller sur ton entrée dans le sommeil et chasser les démons à l'heure où ils s'approchent de nous. Il est écrit pour exorciser la douleur et cette saloperie définitivement de toi.

Comment crois-tu que je pourrais travailler ou même simplement vivre sans toi? Tu ne veux pas être le centre du monde, pourtant tu es le centre du mien depuis que je t'aime. C'est vrai je ne suis que "conjointe", ce n'est pas moi qui ai la maladie, je n'ai pas le droit de me plaindre. Mais quand on voit la dégradation due aux traitements, la transformation physique, la fonte musculaire, l'affaiblissement qui résulte de la chimio... Nous ne sommes pas les acteurs certes, nous autres conjoints, mais spectateurs, et ce n'est pas facile tous les jours.

J'ai seulement peur de ta souffrance et je veux que tu te sentes bien. Alors je t'ai emmenée faire de l'exercice toutes les semaines avec moi depuis septembre et tu vois ton poids enfin remonter et ton corps se remuscler. Je suis sûre que tu vas reprendre du poil de la bête (dans tous les sens du terme!) beaucoup plus rapidement. Non je ne m'apitoie pas, ce n'est pas dans ma nature, j'essaie de regarder la réalité en face et d'agir, au mieux de ma conscience. 

Mais cela n'a pas d'intérêt. J'en prends note. 

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17 novembre 2006

Six mois!

Aujourd'hui cela fait six mois depuis l'opération de Mary L. Et ce soir s'achèvera aussi la deuxième semaine de radiothérapie, qui se passe plutôt bien pour l'instant: elle applique scrupuleusement les consignes données par son toubib et ne se retrouve pas comme grillée au barbecue.

Tout va bien, elle récupère progressivement de la fatigue des quatre mois de chimio, ses cheveux repoussent - on dirait un poussin, moitié brun, moitié blanc, très rigolo et très doux aussi. Elle se sent bien, cela me ravit.

Je tenais à vous en faire part!

06 novembre 2006

Première

Aujourd'hui, première séance de rayons pour ma belle!

Question cruciale: va-t-elle éclairer dans la nuit? 

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 NB: cet accélérateur de particules est un peu démodé, sa machine à elle sera bien plus performante!

 

Euuuuhh???

Nan! Nan! Pas tant que ça tout de même! 

 

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23 octobre 2006

Ce week-end...

... on a baffré!

En dépit de notre fatigue... et de mes antibios... parce que ça ne s'est pas arrangé tous mes crobes, pour l'infection urinaire il a fallu employer les grands moyens... en dépit de tout on a drôlement bien mangé!

Pizzeria, petits plats maison, pâtisseries (gâteau basque aux cerises noires notamment, un délice!), on n'a pas lésiné sur les petits plaisirs. Ca fait un bien!

Et puis comme ça, elle va reprendre très vite du poids, ma belle, ça ne lui fera pas de mal. Quant à moi, je préfère ne pas y songer, oh! et puis je dirai que c'est la préménopause, tiens!

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16 octobre 2006

Super le tatouage!

Ben voilà ça y est! Le tatouage (ou marquage) pour les rayons a eu lieu aujourd'hui!

Je m'attendais à des petits points rouges, un peu comme si elle se transformait en truite fario quoi.

Et bien non ils sont bleus... donc c'est la schtroumpfette!

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Six petits points très fins et très discrets pour guider les rayons au bon endroit et limiter la casse: on ne fait "cuire" que ce qu'il faut. D'ailleurs, zont pô intérêt à se gourrer, ni à lui brûler l'oesophage ou le poumon ou quoi que ce soit d'autre parce que là, c'est avec un fusil que j'irais leur régler leur compte. Qu'on se le dise... 

Maintenant ça lui donne trois semaines de repos jusqu'au jour J pour commencer à se remettre des quatre mois de chimio. Youpeeeee!  

13 octobre 2006

Vendredi Treize

Super le contrecoup du stress!

Mary L a tout le corps douloureux depuis hier, raideurs articulaires en tout genre, séquelles des tensions des derniers jours et des derniers mois. C'est le résultat de tous les stresses superposés, difficultés juridiques et maladie incluses.

Quant à moi, je cumule le rhume du siècle (en réalité je fais ça très bien trois ou quatre fois par an, voire cinq ou six les meilleures années, au gran dam de mon toubib qui se demande comment c'est possible à mon âge... est-ce ma façon de rester djeun???) avec une infection urinaire et une migraine à se taper la tête contre les murs, c'est pour travailler que ça va être super!

Bon, mais y a pas mort d'homme hein, encore moins de femme, alors la vie continue!