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22 mars 2006

La mallette pédagogique d'Homoedu: il y en a pour tout le monde!

Une mine d'informations!

Pour les jeunes et les parents, pour les enseignants et les éducateurs, pour les homos et les hétéros, pour tous les travailleurs sociaux, diverses brochures téléchargeables sur le site d' Homoedu, mallette pédagogique "on line"

A consommer sans modération...

LE SUICIDE DES JEUNES

En France, les adolescents gays et les jeunes lesbiennes se suicident 13 fois plus que les jeunes se sentant hétérosexuels!

Dans l'édition du 10 septembre 2005 du Monde, Anne Chemin a publié un article de fond sur la problématique du suicide de jeunes homosexuel(le)s.
La stigmatisation est réelle, le constat terrible: les jeunes homos sont des souffre-douleur!

Lire l'article sur Le Monde

Suicide et dépression sont des sujets tabous en France. De nombreux experts estiment que les statistiques sur le suicide sont sous-évaluées. Par ailleurs, aucune sérieuse étude ne fut menée en France - jusqu'à celle d'Aremedia publiée en septembre 2005 -  (contrairement à d'autres pays occidentaux) sur les risques suicidaires dans la population des jeunes gais et lesbiennes. Celles réalisées sur le suicide des jeunes ignorent le paramètre homosexuel: difficultés liées à l'acceptation de l'homosexualité ou pratiques homosexuelles.

Le suicide est aujourd'hui en France la première cause de mortalité chez les 25-34 ans et la deuxième chez les 15-24 ans. Le nombre de suicides de ces derniers a fortement augmenté ces dernières années pour atteindre 1000 cas par an. La moyenne est terrifiante: trois jeunes se suicident tous les jours. Quant aux tentatives de suicide des jeunes de 15 à 24 ans, elles sont estimées entre 15000 et 25000 par an.


  • Rares sont les points d'écoute créés en France. Il n'existe pratiquement que:
    1. le Centre ABADIE du CHR de Bordeaux recevant tous les ans 400 jeunes dépressifs de 13 à 25 ans (mais qui n'a jamais mené d'enquête spécifique sur les facteurs de risques liés à l'homosexualité)
    2. la LIGNE AZUR ( créée fin 1995) qui offre un espace de parole téléphonique anonyme et confidentiel pour les jeunes garçons et filles qui s'interrogent sur leurs sentiments, leurs désirs, leurs orientations sexuelles ou leurs pratiques. Plus de 70% des appelants y expriment une grande difficulté à accepter leur différence sexuelle. Les problèmes de peur, de crainte, d'acceptation de soi, de solitude, d'isolement et de mal-être reviennent fréquemment. D'autres lignes d'écoute (SOS Homophobie, Contact,...) recoivent des témoignages allant dans le même sens.


  • Des études menées en France et en Amérique du Nord indiquent clairement les risques élevés DE CONTAMINATION par le virus du SIDA qu'encourent les jeunes homosexuels et bisexuels. Qu'il s'agisse des études américaines de G. Remafedi ou de P.Adam et M.A. Schiltz, il apparaît des risques importants de contamination par le VIH qui ne sont pas liés au manque d'information sur le sida mais plutôt à des relations sexuelles peu ou mal "maîtrisées" (soumission à un partenaire souvent plus âgé, peur du rejet de l'autre, voire viol consenti lié à un dégoût de soi ou la honte de sa pratique sexuelle, manque d'affirmation de sa personnalité propre, période de boulimie sexuelle après un fort isolement ou repli sur soi ayant provoqué un grand refoulement sexuel...). Chez les lesbiennes, le risque moins important que chez les gais, peut apparaître chez celles désirant se conformer à la "norme" et se forçant à avoir des rapports avec des hommes également non maîtrisés, fréquemment non protégés...


  • L'école, le lieu d'éducation et d'apprentissage à la vie, ignore l'homosexualité. Elle en fait un sujet tabou ( le dernier tabou?). Cette ignorance a pour conséquence les insultes et violences homophobes courantes dans les écoles, l'absence de l'homosexualité dans les programmes et manuels scolaires véhiculant la seule norme hétérosexuelle. Aucune référence n'est faite à l'homo ou bisexualité des personnages politiques (Alexandre le Grand, Lyautey, Cambacéres, Aragon...) des écrivains (Rimbaud, Verlaine, Proust, Genet, Yourcenar...) ou des musiciens (Tchaïkowski...). Les programmes d'histoire ne mentionnent pas la déportation des homosexuels, quant à l'éducation sexuelle, nulle information sur cette orientation amoureuse. L'homosexualité est également absente de la formation des enseignants, susceptibles cependant de répondre à un besoin d'écoute, d'information ou de médiation (insultes, craintes, réflexions...). Sans parler des nombreux enseignants homosexuels, lesbiennes, bisexuels qui cachent leur orientation sexuelle dans un milieu souvent homo-moqueur, voire homophobe latent et fortement hétérocentré, qui n'osent aborder le sujet de crainte de rejet ou d'amalgame avec la pédophilie, ou d'attaque des familles conservatrices...


  • Pourtant la demande d'information chez les jeunes existe. Un nombre croissant de jeunes se posent des questions, d'autant plus lorsque l'actualité est favorable aux homosexuels (adoption du PACS, coming-out de personnalités françaises, émissions télévisées, films grand public mettant en scène de plus en plus souvent un personnage homosexuel et pas forcément de manière caricaturale). Les jeunes posent quotidiennement des questions sur les sexualités, à un âge où l'on est partagé par un comportement normatif et l'aventure de sa vie que l'on va s'inventer loin de l'aimable pression parentale. Or l'institution scolaire est presque toujours défaillante dans ce domaine. Pacs adopté, politique de l'autruche au Ministère de l'Education... voilà l'actuelle équation.
  • N'oublions pas enfin, que les difficultés d'épanouissement des jeunes homos ou bisexuels, le manque de modèles positifs et de soutien de la part des adultes peuvent générer des situations de désorientation de l'étudiant, d'échec scolaire chez le lycéen ou le collégien...
  • L'état des lieux dans le domaine de la famille n'est guère plus idyllique. Pas plus que sur le plan sociétal ou médical. Pour résumer, disons qu'il s'opère dans les familles un mécanisme de double culpabilité. La culpabilité des parents et la culpabilité des enfants. Devant le coming-out familial de leurs enfants, les parents ressentent une mise en cause de leur propre travail d'éducateurs. Ils vivent l'homosexualité de leur enfant comme un échec personnel, une faille dans leur mission parentale. Les pères voient même leur virilité remise en question, les mères leur affectivité. La famille, à l'instar de la société dans son ensemble, conserve une vision caricaturale de l'homosexualité et des homosexuels. Devant cet état de fait, les enfants demeurent silencieux. Ils ont peur de décevoir. L'adolescent pense qu'il va trahir les schémas familiaux, le destin de sa famille. Il a tendance à intérioriser l'homophobie ambiante et il n'ose évoquer sa confusion. Pas plus aux proches qu'aux professionnels de la santé (psychothérapeutes, infirmières scolaires, médecins), eux aussi peu sensibilisés aux questions homosexuelles. Un jeune, en quête d'acceptation de soi-même a souvent peur du rejet ou du jugement d'autrui. Il ne s'établit pas alors un rapport de confiance nécessaire au bon diagnostic de l'expert. Ils ont besoin d'être habilement mis à l'aise pour oser "en parler".


Notre société "hétéro-normative" favorise la surdité latente de professionnels au service de la jeunesse. Pas de modèles homosexuels positifs, pas de référents heureux. Nulle mention de "cet amour qui n'ose pas dire son nom" pour aider à mieux l'accepter. C'est notre responsabilité et notre ambition que de faire évoluer cet état des choses!

 

Merci à Homoedu

21 mars 2006

J'aime décidément beaucoup...

... cet article!



" Debout! Réveillez-vous et n'arrêtez pas jusqu'à ce que le but soit atteint. Levez-vous ! Réveillez-vous ! Réveillez-vous de cet hypnotisme de faiblesse. Nul n'est réellement faible : l'âme est infinie, omnipotente et omnisciente. Debout, affirmez-vous."

Vivekanada

(sage hindou qui fut l'élève de Râmakrishna)

15:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

Hier soir

Nous avons fini de travailler. Les enfants sont rentrés de l'école. Après vérification des devoirs, ils ont pris leur douche, et nous les avons appelés pour le dîner.

Pendant que sa maman faisait réciter une dernière fois sa leçon de grammaire au plus jeune, l'aîné m'aidait à vider le lave-vaisselle. "On mange quoi? des pâtes?" Valeur sûre avec les frites, même si on insiste pour qu'ils mangent des légumes le plus souvent possible. Va pour les pâtes! On y ajoutera du jambon et hop! un dîner simple de fait, pour enfants qui doivent se coucher tôt en semaine. Pour la grande cuisine, on attendra ce week-end.

Il parle des grèves, pose des questions sur le CPE, sur le monde du travail qui lui semble si loin encore mais déjà préoccupant. Il commence à s'y projeter et c'est de plus en plus souvent qu'il évoque devant nous des projets d'avenir de moins en moins flous, de plus en plus conformes à sa personnalité naissante. Un peu inquiet d'une douleur au pied, il m'a expliqué comment il s'était blessé en jouant au ballon avec un copain. Nous avons regardé ensemble cet orteil qui le fait souffrir: rien de cassé! C'est pleinement rassuré qu'il repart chercher son frère qui tarde à venir "C'est vrai quoi, merde, quand est-ce qu'on bouffe, moi j'ai faim!". De toute façon, il a toujours faim, comme tous les ados de son âge.

Nous avons dîné tous les quatre en nous racontant les menus détails de nos journées respectives. Le plus jeune, qui ne disait pas un mot à table il y encore trois ou quatre ans, ne s'arrêterait plus tant il a de choses à nous conter. Il en oublierait presque de manger! "C'est vrai qu'on va s'occuper du jardin ce week-end?" Il est ravi, beaucoup plus qu'à l'idée d'aller à l'école! C'est un gamin qui rêve d'outils, de nature, de construire et de bricoler. C'est pour cela que nous veillons soigneusement à ce qu'il fasse ses devoirs, afin de lui permettre d'accéder à ses rêves quels qu'ils soient dans l'avenir. Son aîné a toujours adoré l'école, ouf! quelle chance, pourvu que ça dure!

Ma compagne a également jeté un coup d'oeil au pied du grand blessé, "tu boîtes tout de même, fais-moi voir". Le grand blessé dormira sur ces deux oreilles cette nuit, mais pas avant de m'avoir raconté son nouveau jeu de stratégie "Ca y est, je l'ai installé sur l'ordi chez papa! C'est trop cooool ce jeu, on peut construire sa ville, son armée, et puis..." Il faudra l'arrêter pour qu'il aille se coucher à une heure raisonnable, et avec la promesse de jeter un coup d'oeil à l'un de mes jeux sur l'ordi chez nous "Ah bon, c'est de mon âge, je croyais que tu ne voudrais pas me montrer, trop gé-nial!"

Bon, allez, au lit tout ce petit monde! Sinon, il sera "trop" tard et demain le réveil sera dur et les cervelles peu réveillées en classe! Soirée bénie, où personne ne crie... ou presque... comment ça pas encore lavées ces dents? C'est quoi toute cette eau par terre? Non, tu ne me planques pas cette BD sous les couvertures, et puis quoi encore? Allez, un dernier câlin de maman et extinction des feux!

Parfois c'est beaucoup plus difficile, conflits d'autorité, "non j'le ferai pô!", tentatives de culpabilisation des adultes, bêtises diverses et variées, difficultés scolaires, conflits fraternels qui dégénèrent en coups, comme tous les enfants! N'empêche qu'on tâche toujours de communiquer et que personne ne part se coucher triste et malheureux, on s'explique toujours avant. Ils le savent bien et nous en remercient à leur façon.

Et puis, il y a quelques semaines, notre petit garçon m'a saisi le bras dans la rue alors que nous prenions la voiture pour faire des courses, il m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit "Je t'aime". Je n'avais même jamais espéré qu'une telle chose arrive un jour, je m'occupe d'eux depuis des années comme s'ils étaient mes enfants tout en sachant qu'ils ne le sont pas. Ce que je fais, c'est pour eux, pas pour moi. Mais il est vrai qu'on a besoin d'encouragements dans la vie... Je pense que vous n'aurez aucun mal à imaginer ce que j'ai ressenti ce jour-là...

Quand on vous dit que les familles homoparentales, ce n'est pas la fin du monde!

Regrettable!... mais un deuxième round en vue!

Homoparentalité. Le tribunal des affaires sociales de Nantes a débouté un couple de lesbiennes qui réclamait le droit à un congé paternité. Le tribunal des affaires de la Sécurité sociale (TASS) de Nantes a rejeté lundi 20 mars la demande d'Elodie L., une homosexuelle de 29 ans qui réclamait un congé paternité pour l'enfant de sa compagne Karine, 30 ans, qu'elles élèvent ensemble.
"Le tribunal a retenu la définition du père comme personne de sexe masculin ayant un lien de filiation établi avec l'enfant. En conséquence, Mme L. ne peut bénéficier du congé de paternité", a noté l'avocat des deux jeunes femmes, Me Benoît Rousseau, à la lecture du jugement. "C'est une décision qui n'interprète pas la loi et la cantonne dans son acception précise. On ne peut pas compter sur la justice pour faire évoluer la loi", a regretté l'avocat. "Je ne suis pas surprise par la décision. On s'y attendait", a commenté Elodie L. qui a précisé qu'avec sa compagne, elle allait "continuer le combat avec l'aide des députés".

2600 signatures pour la pétition sur Internet
A la fin du mois de janvier dernier, le tribunal avait examiné la demande de congé de paternité d'Elodie L. pour s'occuper du petit Basile, le fils de sa compagne conçu par insémination artificielle et aujourd'hui âgé de près de deux ans.

Les deux jeunes femmes doivent maintenant étudier avec leur avocat quelles suites judiciaires elles vont donner à leur action mais elles n'envisagent pas pour le moment de faire appel. Depuis quelques semaines, une pétition de soutien aux deux homosexuelles a été mise en ligne sur internet. Elle a recueilli pour l'instant 2.600 signatures. "Nous avons reçu le soutien de Noël Mamère, de Jack Lang et de nombreux députés PS de Loire-Atlantique", a expliqué Karine qui attend maintenant que les parlementaires relaient leur combat au niveau national.

Un deuxième enfant
"On compte également sur l'Europe pour faire évoluer les choses", a poursuivi la jeune femme citant une résolution du Parlement européen du 18 janvier dernier "appelant les gouvernement à faire appliquer des lois qui ne soient pas discriminantes, notamment vis-à-vis des homosexuels". Depuis 15 jours, les deux homosexuelles ont un deuxième enfant, une petite fille prénommée Lucie dont la maman est Elodie. Karine compte à son tour demander un congé paternité pour cet enfant. "On va embêter une nouvelle CPAM (Caisse primaire d'assurance-maladie)", s'amuse-t-elle.
Depuis leur première demande déposée auprès de la CPAM de Nantes, les deux jeunes femmes ont en effet déménagé et dépendent maintenant de la caisse de Saint-Nazaire. (AP )

cf. article sur le Nouvel Obs

"Nous continuons notre combat avec les députés et les parlementaires. Nous allons voir comment le faire évoluer grâce à leur aide et à celle de la Halde" (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité), a annoncé lundi Elodie.
"On a un tempérament plutôt de battantes. On ne se laisse pas démonter et on continuera", a affirmé la jeune mère, qui trouve "déplorable" de payer ses cotisations comme tous les couples et de ne pas avoir droit aux mêmes avantages.
"Le sentiment de la juste demande est toujours là. On se considère comme une famille comme les autres et, dans la vie de tous les jours, on s'aperçoit que les gens sont prêts", affirme Karine.

cf.article sur E-llico

On se demande en quoi le changement d'UN mot est si difficile à accorder: congé de PARENTALITE au lieu de paternité, était-ce si difficile? Franchement... Maintenant c'est au Parlement de décider!

 

 

Tous les enfants sont mes enfants

Paroles et Musique: Pierre Perret 1981

{Refrain:}
Qu'ils soient chinois ou maghrébins
De Saint-Nazaire ou de Dublin
Fils de Nabab ou fils de rien
Tous les enfants ressemblent aux tiens
Qu'ils soient protégés de Bouddha
Fils de païen fils de croyant
Fils de la Bible ou du Coran
Tous les enfants sont mes enfants

Ceux qui ont goûté au fruit amer
De notre indifférence
Qui n'ont pas choisi leur couleur
Ceux qui ont poussé dans les jardins
De la violence
Ceux qui ont apprivoisé la peur
Tous ceux qui vont le dos courbé
Sous les sacs de ciment
Tous ceux qui n'ont jamais souri
Ceux qui ont jamais eu un câlin
En se couchant
Ceux dont les larmes sont taries

{Refrain:}
Qu'ils soient chinois ou maghrébins
De Saint-Nazaire ou de Dublin
Fils de la Bible ou du Coran
Tous les enfants sont mes enfants
Ceux pour qui la douce famille
N'est plus qu'un souvenir
Ceux dont les parents se déchirent
Qui le cœur plein de mots d'amour
A nous offrir
Cherchent des bras pour s'y blottir
Ceux de Palerme ou de Delhi
Qu'on apprend à voler
Ceux qu'on mutile pour qu'ils mendient
Ceux de Manille ou de Rio qu'on prostitue
A ceux qui enseignent la vertu

{Refrain:}
Qu'ils soient chinois ou maghrébins
De Saint-Nazaire ou de Dublin
Fils de Nabab ou fils de rien
Tous les enfants ressemblent aux tiens
Qu'ils soient protégés de Bouddha
Fils de païen fils de croyant
Fils de la Bible ou du Coran
Tous les enfants sont mes enfants

 

Travailleurs sociaux: et vous, vous faites quoi?

Homophobie ordinaire

L’homophobie peut se définir comme toute attitude ou tout acte de rejet, d’injustice ou de violence envers une personne homosexuelle ou identifiée comme telle.

Peu de personnes se rendent compte en quoi les propos ou des attitudes homophobes du quotidien sont une forme de discrimination qui peut avoir des conséquences dramatiques auprès des adolescents découvrant leur sexualité. Les questions que se pose naturellement un adolescent sur sa vie affective et sexuelle sont encore plus difficiles à aborder quand son attirance pour les personnes du même sexe rencontre des attitudes d’exclusion ou de discrimination.

La lutte contre l’homophobie passera nécessairement par un travail en amont avec des adultes susceptibles de sensibiliser très tôt les jeunes qu’ils encadrent. Ces adultes manquent énormément d’information et de formation. Pourtant lutter contre cette forme de discrimination contribue à un mieux être physique, mental et social de tous les jeunes.

Le coin des travailleurs sociaux et des enseignants: savoir et réagir

Une brochure a été réalisée grâce au soutien du Ministère de l’Education Nationale, du Ministère de la Santé, du Ministère de la Justice, du Ministère de l’Agriculture et de l’INPES ainsi que des associations FCPE, Couleurs Gaies, Contact et le syndicat SNES. Elle est téléchargeable sur le site de la LIGNE-AZUR. Vous y trouverez de nombreuses infos sur ces liens par exemple:
Les dossiers

Professionnels: comment agir + télécharger brochure(s) ICI

Editée récemment elle a pour but de pallier ce manque en donnant des informations, des éléments de réflexion et des possibilités de recours ou d’orientation aux enseignants et aux autres professionnels encadrant des jeunes. Elle met en exergue les différentes situations de l’homophobie ordinaire : les violences physiques, verbales, le manque d’estime de soi des jeunes homos et surtout les conduites d’autodestruction qui en découlent. A chaque situation, elle apporte des réponses juridiques, sociales et associatives pour aider les adultes dans son accompagnement du jeune.

Cette brochure est l'un des outils indispensables pour la mise en œuvre des recommandations relatives à l’éducation à la sexualité du ministère de l’Education Nationale (circulaires du 21 novembre 2001 et 17 février 2003) : « … l’éducation à la sexualité a désormais pleinement sa place à l’école. Elle doit intégrer les questions liées à la mixité, à la lutte contre le sexisme, l’homophobie et permettre de mieux prendre en compte les attentes des jeunes avec leurs difficultés et les préoccupations spécifiques. »



20 mars 2006

La fin d'un mythe (III): la norme

Le Mythe

Ce n'est pas normal d'être homosexuel.
L'homosexualité est une maladie.

Les Faits

L'homosexualité, c'est une orientation de la sexualité. La majorité des individus ont une orientation hétérosexuelle, mais il y a des gens, il y en a toujours eu, il y en aura toujours, qui sont attirés envers ceux de leur sexe. C'est un peu comme les droitiers et les gauchers: la majorité de la population est droitière mais il y a des gauchers et il y en aura toujours. Dans la nature on retrouve également des formes d'homosexualité.

C'est plutôt le rejet qui amène les homosexuels à mal s'accepter, à se dévaloriser et à se culpabiliser. Ces personnes ne sont pas moins équilibrées; elles rencontrent davantage d'hostilité en raison de leurs préférences sexuelles. (Réf : Robert, J. Pour jeunes seulement: Photo-roman d'éducation à la sexualité. Les Éditions de l'homme, Québec 1988.)

[Merci à AlterHéros]

Carl Orff et les Carmina Burana

Je ne m'en lasse pas!

Carl Orff et les Carmina Burana

Quand j'ai découvert cette musique, je devais avoir quatorze, quinze ans. Emerveillée par les voix et les sonorités extrêmement riches et variées, j'aurais pu en rester à cette écoute fort plaisante lorsque des amis m'ont raconté l'histoire des Carmina Burana et m'ont incitée à en comprendre les textes: depuis la beauté de l'oeuvre et son originalité n'ont cessé de m'enchanter. Laissez-moi vous les raconter à mon tour...

C'est par l'intermédiaire d'un bouquiniste de Würtzbourg que Carl Orff entra en 1934 en possession d'un recueil de poèmes médiévaux, intitulé Carmina Burana. Le bibliothécaire de la cour de Münich Johann Andreas Schmeller avait publié cette anthologie en 1847; elle se base sur un manuscrit probablement rédigé entre 1220 et 1250 en Styrie ou au Tyrol du Sud, et découvert en 1803 au couvent de Benediktbeuren. C'est également à Schmeller que l'on doit le titre du recueil, Carmina Burana (Chants de Beuren). Le manuscrit contient, classés par ordre thématique, plus de 200 chansons et poèmes en bas latin, en moyen haut allemand et en vieux français, ainsi que des strophes réunissant ces différentes langues.
À côté de scènes religieuses et d'attaques contre la décadence des moeurs et la corruption des pouvoirs publics et du clergé, figurent des textes qui célèbrent avec verdeur et sensualité le plaisir de manger, de boire, de jouer et d'aimer. Carl Orff avoua qu'en bon Bavarois, il s'était senti si profondément touché par « le rythme entraînant et le caractère imagé de ces poèmes, et tout autant [par] la musicalité riche en voyelles et la concision unique de la langue latine » qu'il commença spontanément à mettre en musique quelques pièces. Conseillé dans le choix et l'étude des documents par l'archiviste Michael Hofmann, il ne se contenta pas d'établir rapidemment la structure du texte : « En quelques semaines, toute mon oeuvre fut "jouable", de sorte qu'au début du mois de juin, je pus me mettre en route pour aller voir mon éditeur. Je n'avais pour base de mon exécution qu'un texte tapé à la machine. La musique était tellement achevée et vivante en moi que je n'avais pas besoin du soutien d'une partition. »

Lors de la création, le 8 juin 1937, à l'Opéra de Francfort sous la direction de Bertil Wetzelsberger, les Carmina Burana ou Chansons profanes pour solistes et choeur avec accompagnement instrumental et tableaux - c'était désormais le titre de cette œuvre - connurent un accueil triomphal et se virent rapidement ouvrir les portes des opéras, des salles de concerts ainsi que des salles de fêtes des universités et des écoles du monde entier. Après la répétition générale, Carl Orff alla trouver son éditeur pour lui faire cet aveu, souvent cité : «Vous pouvez mettre au pilon tout ce que j'ai écrit jusqu'à présent et que vous avez malheureusement imprimé. Mes oeuvres complètes commencent avec Carmina Burana.»

Le traitement qu'Orff fait subir à l'ochestre traditionnel est d'une nouveauté révolutionnaire : complété par deux pianistes et cinq percussionnistes, il acquiert un timbre métallique et martelant.

Les 24 numéros de l'oeuvre débutent par « O Fortuna » une invocation célèbre à la déesse de la destinée et de la chance, sur un fond de percussions retentissantes.

Puis vient le printemps et l'appel joyeux de l'amour lancé par des cloches carillonnantes. Duo de flûte et de timbales, la danse orchestrale « Uf dem Anger », renoue avec un usage populaire bavarois, avant la plainte des jeunes filles en moyen-haut allemand mâtiné de bas latin, « Floret silva nobilis », qui poursuive ces rythmes changeants sur le plan vocal. La coquetterie des jeunes filles « Chramer, gip die varwe mir » soulignée par des sons de grelots, ne suscite chez les hommes que des commentaires narquois. Le dialogue en plusieurs parties cède ensuite la place à l'invocation bachique à la «Reine d'Angleterre», probablement Aliénor d'Aquitaine, épouse du roi Henri II d'Angleterre, et dont les intrigues amoureuses sont entrées dans la légende.

La deuxième partie de l'oeuvre, « In Taberna » commence par une confession satirique et, avec un plaisir effréné, professe la « pravitas », la conduite impie: voix de fausset du cygne qui rôtit dans la poêle, puis discours d'ivrogne du saint patron du jeu de dés qui se proclame abbé du pays de Cocagne. La scène de ripailles culmine dans un choeur d'hommes entraînant, qui célèbre le plaisir de boire dans une exubérance orgiaque.

Dans la troisième partie, la « Cour d'amour », alternent innocence feinte et raffinement, plainte amoureuse et quête de l'amour: « Si puer cum puellula » des hommes (poème érotique assez cru a capella), suivi de « In trutina », le tendre aveu amoureux de la dame à son chevalier. L'hymne à Hélène et à Vénus se termine sur la reprise du vigoureux choeur initial "O Fortuna", construit sur un ostinato. Cette répétition symbolise la roue du destin qui tourne sur elle-même; Orff l'avait découverte sous forme de miniature dans le recueil des Carmina Burana.

J'écoute la version d'Eugen Jochum, avec Gundula Janowitz, Gerhard Stolze et Dietrich Fischer-Dieskau.

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19 mars 2006

Réponse

Bonjour l'abbé,

Je ne me vois pas vous appeler mon père vu que j'ai l'âge d'être votre mère, ni mon fils vu que vous ne l'êtes pas... Comme vous n'avez pris aucun surnom, et dans l'attente d'un vocable autre, je me permets ce titre, pour moi culturel, respectueux et non péjoratif.

Je pense que vous avez du courage de venir témoigner ici de votre condition de prêtre homosexuel. Je ne suis pas persuadée toutefois que cela vous pose si peu de problèmes que vous semblez bien vouloir l'affirmer.

Tout d'abord en raison de la position virulente de l'Eglise sur l'homosexualité en général et sur la sexualité de ses prêtres en particulier. Il suffit de se pencher sur le nouveau catéchisme, d'observer la chasse aux homos dans les séminaires, ou de lire les déclarations du pape ou de certains évêques pour en être convaincu!

Ensuite vous dites que vous ne vous cachez pas de votre orientation sexuelle: comment faites-vous pour rester prêtre alors? Ne vous a-t-on pas incité au silence en haut-lieu? J'ose à peine imaginer la situation si en plus vous décidez de vivre avec un compagnon... Vous dites également souffrir "du rejet que toute personne homosexuelle peut subir: un regard injurieux, une parole qui frappe et peut-être jusqu'au geste qui laisse une trace..." Expérience personnelle?

Oui, il n'est pas question pour vous de vous définir à partir de votre sexualité, moi non plus d'ailleurs, mais les autres s'en chargeront à votre place! De toute façon l'orientation sexuelle est une composante majeure de la personnalité, qu'on l'accepte ou non. Elle conditionne une partie de notre rapport aux autres et au monde, même si elle n'est pas le seul critère.

Nous sommes d'accord pour l'action non-violente! J'émets toutefois des réserves quant à l'inutilité de la provocation: c'est parfois le seul moyen de provoquer justement une réaction et d'inciter les mentalités à évoluer. C'est un électro-choc positif! C'est d'ailleurs le parti qu'ont pris les organisateurs des Gay Prides puis des Marches de la Fierté LGBT, ou les membres de l'association Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence: choquer pour être enfin vu, reconnu, puis, un jour peut-être, accepté. La visibilité à outrance pour attirer le regard enfin, l'attention peut-être et ouvrir les coeurs.

Espérons qu'un jour les homos et les hétéros puissent cohabiter simplement, banalement, dans la paix et le respect mutuel. Oui l'amour est un vrai but pour tous, d'accord! Mais ce n'est pas une raison pour se laisser marcher sur les pieds...

Connaissez-vous le livre d'Henri de Portzamparc "Témoignage d'un homo, catho, aristo. Assis-pas-bouger! Henri etc..." (Odin éd.)? Si ce n'est pas encore le cas, je suis sûre que vous y trouverez matière à réflexion...
A propos, mon ami Jonas (cf. le lien "Version Exhib" sur ma page), est un ancien éléve pasteur anglican: lui et son compagnon ont été chassés du séminaire où ils suivaient leur formation, son blog vous intéressera peut-être.

Un dernier détail: c'est "chère" Happy, s'il vous plaît, je suis une fiiiiiiille!

17 mars 2006

Actualités


Statistiques: Le gouvernement anglais évalue le nombre de gais

Le Département britannique du commerce et de l’industrie a publié en décembre dernier un rapport qui estime la proportion de gais et de lesbiennes dans la population du Royaume-Uni à 6%.

C’est la première fois qu’un gouvernement quantifie sa population homosexuelle, en l’occurrence afin d’évaluer les implications concrètes de la loi sur le partenariat civil en vigueur depuis le début du mois de décembre. La population LGBT britannique est donc estimée à un million et demi de gais et lesbiennes pour une population active (de 18 ans et plus) de 30 millions de personnes. Les associations LGBT se sont évidemment réjouies de cette publication qui leur fournit un argument contre ceux qui considèrent que la minorité gaie et lesbienne ne constitue qu’une infime partie de la population.

Par : S. Thibert [25-01-2006] sur fugues.vortex

 

Let me think: 6% de 63 millions d'habitants = 3.780.000 homosexuels français...

Non négligeable en période électorale, non?

Vous verrez que les publicitaires eux n'auront pas d'état d'âme quand ils mesureront cet important pouvoir d'achat, "surtout chez des gens qui n'ont pas d'enfants à nourrir, pensez donc, ma brave dame"...
Ils ont déjà commencé à se servir de nous d'ailleurs! Si, si, rappellez-vous, la pub sur la viande... "papa, maman, j'ai quelque chose à vous dire"...

10:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

L'homophobie à l'école

Silence.
Honte.

Peur.
Angoisse.

Invisibilité.
Solitude.
Déprime.
Mensonge.
Souffrance.
Haine de soi.

Dix mots. Dix mots qui décrivent le drame quotidien de la majorité des adolescents gays.

25% d'entre eux tentent de s'ôter la vie. Un chiffre qui témoigne de l'ampleur du malaise, et qui justifie à lui seul une prise de conscience d'envergure.

Clé de l'épanouissement, l'école forme enseignants et élèves à ne pas discriminer en raison de la race, de la religion, de la nationalité, ou du sexe. L'orientation sexuelle?

Absente du programme. Dans les livres comme par la voix des professeurs. En cautionnant le tabou -- donc l'homophobie, l'instruction publique ne remplit pas sa mission d'éducation pour tous.

Afin de remédier à cette situation en Suisse romande, PINK CROSS,
(cf. le site http://www.lambda-education.ch/ ),
a créé le groupe "Jeunesse et Ecole". Avec un seul but: en finir avec l'homophobie dans le milieu scolaire, faire en sorte que chaque élève et chaque enseignant gay soit respecté et valorisé, que les générations de demain puissent s'épanouir dans un environnement sain et accueillant.

Trop jeunes pour leur parler d'homosexualité? S'ils ne sont pas trop jeunes pour intégrer des mécanismes sexistes et homophobes, pour se couvrir d'insultes blessantes et pour apprendre à se détester, les enfants ne sont certainement pas trop jeunes pour que, des la première primaire, on leur parle des diverses formes de l'amour et qu'on leur propose le respect de chacun.

En France, les syndicats d'enseignants développent depuis mai 2005 un véritable engagement pour lutter contre toutes les discriminations, y compris homophobes et lesbophobes... Car il existe un gouffre énorme entre les adolescents et les adultes sur les questions d’homosexualité.

La prévention de l’homophobie dans les collèges et les lycées est assez rare. L’homophobie est pourtant une réalité à l’école. Une enquête, effectuée en 2002 et 2003 dans 254 établissements français avait mis en lumière de "fréquentes réactions hostiles à l’homosexualité de la part d’élèves, surtout chez les collégiens".

"L’injure numéro un des cours de récréation reste PD et enculé", affirme Ronan Rosec, président de SOS-Homophobie. "L’homosexualité est taboue en milieu scolaire ainsi que l’homophobie", déplore pareillement Jean-Noël Vittaut, président du MAG (Mouvement d’affirmation des jeunes gays et lesbiens) qui propose aussi des modules de sensibilisation en milieu scolaire.

"Les adolescents homosexuels qui n’ont souvent jamais parlé de leur sexualité à leurs parents et se retrouvent confrontés à une ambiance homophobe dans leur établissement ont énormément de mal à se trouver des références et à se construire une identité", ajoute Ronan Rosec, évoquant une étude canadienne qui fait état de "risques de suicide sept fois plus élevés chez les adolescents homosexuels que chez les autres".

Les faits:

  • Entre 5 et 10% de la population est homosexuelle (Etude Kinsey, 1950). 6 à 7 % de la population française (Selon J.Corraze L’homosexualité ; Que sais-je ? ; 1996)
  • L’homosexualité est un sujet tabou à l’école
  • Les enfants grandissent en l’absence d’information positive sur l’homosexualité et sont affectés très jeunes par l’homophobie
  • La prise de conscience de son homosexualité intervient en général entre l’âge de 12 et 17 ans
  • 1 jeune gay sur 4 fait une tentative de suicide (Etude du Dr Cochand, CHUV, 2000, mandat de l’Office fédéral de la Santé Publique)
Pourquoi en parler à l’école ?
  • Dans chaque classe, il y des élèves qui se sentent attirés par des personnes de même sexe
  • Dans chaque école, il y a des enseignant-e-s gais ou lesbiennes. La majorité d’entre eux cachent leur orientation affective
  • 2/3 des parents réagissent de manière négative à l’annonce de l’homosexualité de leur enfant. L’école doit pouvoir être un lieu d’accueil et de soutien
  • La violence verbale et physique à l’encontre des homosexuel-le-s est présente dans les cours d’école
Que peuvent faire les écoles ?
  • Aborder les thèmes de l’homosexualité et de l’homophobie au même titre que d’autres thèmes de société (racisme, familles, discrimination, amour, etc.)
  • Inclure des représentations de personnes homosexuelles dans le curriculum (langues, littérature, science)
  • Mettre à disposition des ressources concernant l’homosexualité dans les centres de documentation (livres, films, brochures, adresses, etc.)
  • Créer un climat d’acceptation de toutes les différences et permettre aux élèves et aux professeurs homosexuel-le-s de vivre sans se cacher
  • Former le personnel enseignant aux thématiques de l’homosexualité et de l’homophobie (cf. ateliers de sensibilisation de lambda-education)
  • Informer et rassurer les parents d’élèves, inclure les parents d’élèves gais et lesbiennes dans les échanges d’information.

L'école est l'une des clés essentielles de l'épanouissement. Elle apprend la vie en communauté et prépare les jeunes à affronter l'avenir. L’école est un environnement dans lequel chaque élève doit pouvoir se sentir en sécurité et développer sa personnalité dans un climat sain et encourageant.Malheureusement, ce postulat n’est pas valable pour la majorité des jeunes gais et lesbiennes qui fréquentent les établissements scolaires de Suisse. Les adolescents qui s'identifient comme gay, lesbienne ou bisexuel(le) manquent de points de repère et ont du mal à se construire une identité autour de leurs sentiments les plus intimes. A l’école, ils ne voient pas leur réalité reconnue, ni même évoquée, si ce n'est en des termes négatifs (insultes, railleries, plaisanteries, etc.). En n'éduquant pas la jeunesse sur ce thème, l'école n'aide pas les jeunes homosexuel-le-s à sortir de leur silence et laisse la porte ouverte à la violence verbale et parfois physique dont ils peuvent être les victimes.

Au contraire de la problématique du racisme, l’homophobie est un thème qui n’est que peu ou pas abordé par les enseignants.

L'école peut et doit faire en sorte que tous les élèves puissent s'exprimer dans leur diversité. Son rôle est de permettre à chacun de recevoir une éducation dans les meilleures conditions, d'affirmer et de valoriser les personnalités et les différences de chaque élève.

A ce titre, elle se doit de présenter le thème de l'homosexualité dans un cadre langagier positif, afin de répondre à sa mission d'égalité et d'éducation pour tous. Une école digne de ce nom doit valoriser et respecter chacun, quelle que soit son orientation sexuelle.

A quand la généralisation de la prévention de l’homophobie en milieu scolaire... de même que.... la lutte contre le sexisme?

16 mars 2006

Le mot juste!

Article extrait de Homophobie.free.fr
(C'est moi qui ai mis en "gras"!)

"Il y a malheureusement encore des gens pour croire (ou feindre de croire, pour mieux effrayer le badaud…) qu'il existe un lien entre pédophilie et homosexualité.

Il faut d'abord savoir qu'en France, l'âge légal minimal pour les relations sexuelles entre un adulte et un "mineur" est de 16 ans et non de 18. Lorsque l'homosexualité a été dépénalisée (1981), l'âge de consentement était de 18 ans pour les relations homosexuelles alors qu'il était de 16 pour les relations hétérosexuelles (c'est encore le cas en Angleterre aujourd'hui, malgré de longs débats). Lors du débat parlementaire français pour égaliser les âges (à 16 ans), les réactions vives et irréfléchies n'ont pas manqué de fuser. Pour embrouiller le raisonnement, on fait toujours appel à l'émotion :
"- Pouvez-vous imaginer un vieillard sodomisant un garçon de 16 ans ?
- Pas mieux que je ne puis imaginer un vieillard sodomisant une fille de 16 ans !"
Bravo à Robert Badinter, garde des Sceaux et défenseur du projet de loi, qui a su répondre si justement.

Le problème de la pédophilie, c'est l'improbabilité du consentement de l'enfant/l'adolescent dans le rapport avec l'adulte. Je dis "improbabilité" car il serait injuste de dire que tout rapport entre un jeune de moins de 16 ans et un adulte (de 18 à 120 ans ;-) ) est forcément abusif de la part de l'adulte : pour ma part, j'aurais souhaité bien avant 16 ans partager un peu ma sexualité avec quelqu'un de respectueux (pourquoi les adultes devraient-ils enseigner tout sauf la sexualité ?) Dès les premiers heures de mes désirs, je savais exactement ce que je voulais. La loi protège donc un minimum les nombreux autres jeunes, plus incertains de leur orientation, d'adultes ayant de plus ou moins bonnes intentions.

Il reste donc cette différence essentielle entre pédophilie et homosexualité : le consentement mutuel. En dehors de ce cadre si simple, tout devient choquant et est légalement interdit, ce qui met (ou devrait mettre) tout le monde d'accord.

Les homosexuels sont, parce que leur vie sexuelle est réputée active, considérés comme des personnes sans tabou ou sans limite. Cela est évidemment faux. Les homosexuels n'hésitent souvent pas à vivre leur sexualité parce que la relation est assez facile et sans trop de conséquences. De ce fait, leur "appétit" est calmé par des relations consentantes à des fins de plaisir mutuel, ce qu'on ne peut plus aujourd'hui condamner. Ainsi vécue leur sexualité "épanouie" n'a aucun motif logique de se tourner vers des solutions préjudiciables à autrui.

L'absence (pour rejet, refus, honte ou incapacité à rencontrer un partenaire…) de toute sexualité conduit beaucoup plus aux abus de jeunes. Ne pas avoir de sexualité quand on a un désir réel (pour l'un ou l'autre sexe) n'est pas chose facile. Quelques-uns qui en ont malgré tout fait le choix (ou le vœu) n'y arrivent pas malgré leur motivation (honte, foi en dieu ou autres…). Alors, d'efforts en luttes de plus en plus difficiles, ces personnes à la libido frustrée se mettent à chercher des partenaires. Devant la gêne qui est parfois la leur, quelques-uns se rabattent sur des personnes qui n'oseront pas en parler. Elles se rapprochent donc de jeunes ayant confiance en eux, et, par un moyen ou par un autre, souvent graduellement, arrivent à leur fins. Parfois ils manipulent même leur proie en les culpabilisant, leur affirmant que ce qui arrive est de leur faute. Combien d'exemple a-t-on de la sorte ? Combien de fois entend-on : "C'était un homme aimé de tous, si dévoué… On n'en revient pas…".

Plutôt que de se méfier surtout de la "vitalité" sexuelle, on devrait se méfier au moins autant de l'eau qui dort. Attention cependant : il existe de nombreuses personnes que la sexualité n'intéresse pas, dont le désir est nul, faible ou émoussé (pour quelques raisons que ce soit), et il ne s'agit pas de craindre le moindre débordement de leur part de ce côté (je dis de ce côté, car il n'est pas rare que ces gens s'expriment de manière virulente contre la sexualité alors que c'est un sujet qui ne les touche pas, ou si peu… Coluche disait : "la morale devient rigide quand le reste ne l'est plus !")

Les homosexuels n'ont pas peur d'une grande étude sociologique sur la pédophilie, car ils en sortiraient plus blanchis que coupables."


Quelques remarques personnelles:

  • L'amalgame facile homosexuel=pédophile est souvent repris par les média, voire avec l'argument qu'il ne faut pas confier les enfants à des éducateurs, moniteurs, enseignants, etc... homosexuels! Ben voyons! Dans ce cas il ne faut pas confier les enfants à des ADULTES du tout, puisque, rappelons-le, la pédophilie est l'acte sexuel entre un adulte et un enfant! Comme si tous les homosexuels étaient des pervers et tous les hétéros des saints!
  • Je ne suis pas entièrement de l'avis de l'auteur de Homophobie.free.fr, notamment sur le fait qu'un adulte puisse consentir à une relation avec un jeune qui l'aurait choisi et aurait l'air pleinement consentant. C'est à l'adulte de savoir se maîtriser et attendre que le jeune soit d'un âge suffisamment mature pour vivre une expérience dont nous savons qu'elle ne passera pas inaperçue: les premières relations sexuelles et nos premières attaches nous marquent infiniment. Pour moi la sexualité est une affaire d'adultes et appartient à la vie d'adulte! Que le jeune rêve et attende son heure est aussi formateur: cela lui permet de construire un imaginaire riche sans lequel sa vie sexuelle future risque fort d'être moins épanouissante. Et qu'importe que la relation soit hétéro ou homosexuelle.
  • Que l'interdit d'être soi-même soit une cause possible d'actes pédophiles, certes, mais c'est loin d'être la seule cause! Les violeurs d'enfants ont souvent eux-mêmes été abusés enfants, ils ont un profil psychologique particulier, ou une histoire difficile ou un manque socio-culturel et éducatif grave. En tout cas ils n'ont pas la notion de la souffrance qu'ils ont infligée à autrui et c'est souvent en leur faisant comprendre la violence de leurs actes que l'on réussit à les faire évoluer. Ca prend beaucoup plus de temps qu'une castration chimique...
  • Ce qu'il est bon d'apprendre à nos enfants, garçons et filles, c'est le respect d'autrui, dans son intégrité physique et mentale. Et aussi qu'il y a des adultes qui ne leur veulent pas que du bien...
  • Plus vite on apprendra à connaître et à respecter les homos, moins le discours homophobe aura de prise! Il n'y a pas tant de différences entre un homo et un hétéro, finalement... nous comprendre est accessible!
    Happy

Le saviez-vous?

C'est scandaleux!


Suite à une circulaire de 1983, les homosexuels masculins, mais aussi parfois des lesbiennes, sont exclu(e)s systématiquement du don du sang, du seul fait de leur orientation sexuelle. Au nom du "principe de précaution" cette discrimination s'applique qu'ils aient eu ou non des "conduites à risque".

La pertinence de cette exclusion ne repose, aujourd'hui, sur aucun argument scientifique.
On constate pourtant une différence de traitement entre un hétérosexuel ayant une conduite à risque (exclusion temporaire) et un homosexuel (exclusion définitive du seul fait de son orientation sexuelle).

Donner son sang est un acte citoyen qui engage la responsabilité de chacun. Écarter systématiquement les homosexuels revient à considérer qu'ils seraient moins citoyens et moins responsables que les hétérosexuels.Ce principe de précaution doit être remis en cause dans son application abusive et discriminante.


On pourrait remplacer la condition de "groupe à risque" par la condition de "conduite à risque".


Pour sensibiliser l'ensemble de l'opinion publique SOS Homophobie met en place une campagne :
- de DON DE SANG CITOYEN.
- d'ENGAGEMENT RECEVEUR (EUSE). Don du sang citoyen


Les homosexuels sont des citoyens responsables!

15 mars 2006

La fin d'un mythe (II): les "vraies" familles

Le Mythe

La seule structure familiale qui convienne à un enfant est un couple marié composé d'un homme et d'une femme.
Les familles homoparentales ne sont pas de "vraies" familles.

Les Faits

Les enfants grandissent dans des familles qui peuvent être petites ou nombreuses. Il y a des familles monoparentales, des familles avec deux parents et d'autres dirigées par des grands-parents. Il y a des familles d'accueil, des familles recomposées, les familles de naissance et les familles de fait. Il y a des familles avec un enfant, des familles avec dix enfants, des familles sans parents et des familles éclatées à cause de l'activité des membres de la famille. Les familles sont interraciales, multiraciales, intergénérationnelles, homoparentales et hétéroparentales. La réalité d'aujourd'hui est que la définition traditionnelle du couple marié hétérosexuel avec 1.5 enfants est seulement une forme de famille parmi beaucoup d'autres dans lesquelles les enfants grandissent et prospèrent. Dire que le couple marié est la seule structure familiale acceptable pour les enfants est une marque de mépris à l'égard de toutes les familles qui ne ressemblent pas à ce schéma. Nous pensons que la famille "acceptable" pour un enfant est celle dans laquelle il existe amour, solidarité et soutien entre les membres de la famille. Il n'y a aucune preuve que nos enfants aient à faire face à plus de difficultés dans leur socialisation à l'école que les enfants des parents hétérosexuels.

Les parents gais et lesbiens préparent le dîner, changent les couches et prennent le temps de s'occuper de leurs enfants, de les aider avec leurs devoirs. Ils négocient le temps de TV, conduisent les enfants à leurs loisirs, se soucient de leur mode de garde, lavent le linge, le repassent, font le ménage et lisent des histoires quand c'est l'heure de se coucher!

Nous devons faire un effort supplémentaire pour protéger nos familles en créant des liens reconnus par la loi pour nous assurer que nos enfants auront les mêmes droits que les enfants de parents hétérosexuels, que ceux-ci soient mariés ou pas.

Ce qui définit la famille, c'est plutôt l'amour, le sens de la responsabilité, l'engagement et le soutien que les adultes offrent à leurs enfants.

[Merci à AlterHéros]