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20 avril 2006

Excédent de bagages

Se faire à l'idée... Laisser l'information pénétrer les couches profondes de la conscience.

Accuser le choc. Accepter ce poids sur le coeur, cette tension des entrailles, cette douleur sourde. Faire face.

Reconnaître la présence de cet hôte malsain qui s'est imposé à bord. Il était dans ton corps, tapi, silencieux, oeuvrant sournoisement à son entreprise de destruction; il vient de se frayer un chemin massivement dans nos têtes et tente d'y prendre toute la place. Mieux le cerner pour mieux le combattre.

Se préparer à la suite. Rassembler des indices, comprendre, connaître l'ennemi pour mieux l'éradiquer.

Mettre en oeuvre des énergies enfouies, renforcer le corps, se donner les moyens de la lutte.

Que vienne l'heure de la rage!

Vaincre.

18 avril 2006

Parenthèse...

Non ça n'arrive pas qu'aux autres...

La maladie grave, les traitements lourds, la peur au ventre, la vie qui bascule, non ça n'arrive pas qu'aux autres.

Notre vie et nos projets viennent de basculer. L'avenir maintenant devra tenir compte des prises de rendez-vous, des consultations, du subir et de l'attendre, et des mots qui font peur: hospitalisation, opération, radiations, chimio, médications, réorganisation... Un long congé qui n'est ni vacances, ni congé de maternité. Un temps autre pour laisser plus de place à soi-même aussi, à la méditation et à l'élaboration de la renaissance.

Avec notre amour si fort depuis le début pour faire face et affronter ce nouveau défi de la vie. Accepter ce temps différent et se rappeler qu'à quelque chose malheur est bon. Que rien jamais n'est que mauvais. Qu'on ne peut sortir que grandies d'une telle épreuve. Nous avons toujours beaucoup parlé ensemble, beaucoup échangé, mais aujourd'hui je nous sens encore plus proches.

Qu'il convient d'expliquer aux enfants du mieux possible, chacun en fonction de son âge et de sa sensibilité. Ne pas oublier qu'on pourra rire encore. Et sourire et s'aimer. Et qu'on pourra être bien tous les quatre et que ce n'est pas la fin du bonheur. Même si on a le droit d'être triste et d'avoir peur. Parce que les larmes, ça soulage et ça fait revenir le sourire. Et que l'amour est une force invincible. Et qu'on va en profiter pour s'aimer mieux.

Garder notre foi en la vie: on en a vu d'autres et on y est arrivé, alors cette fois aussi on ne va pas se laisser faire comme ça. On va se battre. On va gagner.

Si je pouvais prendre cette saloperie charge sur mes épaules, je le ferais: mais c'est toi et pas moi, ça m'arrache les tripes et le coeur! Alors je vais t'aimer encore plus fort et te donner tout ce que je peux d'attention et de tendresse pour que tu ne perdes pas courage et que tu le gagnes ce putain de combat!