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26 janvier 2006

"Katzenball"

Ce documentaire est sorti sur les écrans français le 18 janvier 2006 (à Paris dès le 11).

Cinq portraits de femmes suisses, issues de différentes générations, retraçant près de 100 ans d’histoire lesbienne.

Les deux premiers concernent Samira Zingaro, 25 ans, et Johanna Berends, née en 1912, laquelle était déjà épouse et mère de famille quand elle rencontra la femme de sa vie.


S’appuyant sur de nombreuses photos, d’anciens documents télévisuels et des extraits de films pour ses débuts derrière la caméra, la réalisatrice bernoise Veronika Minder donne également la parole à la photographe Liva Tresch, à la styliste Ursula Rodel et enfin à la féministe Heidi Oberli, figures réputées ayant contribué à travers leurs actions ou leurs arts à mettre en avant le saphisme.
Ces femmes ont traversé pour certaines des chemins difficiles et nous apportent avec humour et tendresse une belle leçon de vie et d’affirmation de soi !
Katzenball est le lauréat du Teddy du meilleur documentaire gay et 1er prix du documentaire au 17ème festival Cinéfable de Paris.

Bande annonce visible sur: Epicentre Films , ainsi que des photos et le dossier de presse.

Ne pas baisser les bras...

Les "fresh news" m'enchantent et me révoltent à la fois!

* Un député condamné pour propos homophobes: il ne l'a pas volé, il y a des propos qu'on ne peut décemment pas se permettre si on veut être soi-même respecté en tant qu'humain, or là monsieur le député, vous aviez sacrément dépassé les bornes! Comment ça, vous faites appel? Mais vous devriez avoir honte!

* Trois lycéens condamnées pour violences homophobes à l'encontre d'un de leurs camarades, âgé de 16 ans: pauvre gosse, imaginez sa terreur, son humiliation, et combien il restera marqué par cet évènement tragique.
Je pense aux nôtres, d'enfants... faire tout pour qu'ils gagnent en liberté, ne pas baisser les bras dans le combat contre toutes les dicriminations... tous sont importants. Les comportements bestiaux et vils ont si tôt fait de réapparaître, même chez des gosses à peine sortis de l'oeuf, ça fait froid dans le dos! Les condamner c'est bien, les informer et leur apprendre le respect pour éviter toute dérive serait tellement mieux.

* Le rapport de la mission parlementaire sur la famille: améliorations du pacs certes, mais refus d'accorder aux homosexuels le droit de se marier et de fonder une famille.

Oui on parle de nous, mais pour dire quoi? Injures, violences, déni, interdit!
Du chemin parcouru depuis mon enfance, certes, mais tant à faire encore!


Ne pas baisser les bras, ne pas baisser les bras...

08:25 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

23 janvier 2006

Méandres administratifs et autres lois kafkaïennes

Le tribunal des affaires de sécurité sociale de Nantes se penche aujourd'hui sur la demande d'une mère réclamant le droit au congé paternité...

Alors que des parlementaires et maires déclarent tout azimut s'opposer à la reconnaissance des familles homoparentales, au droit à l'adoption pour les couples homos et au mariage gay, la réalité de ces familles et les discriminations juridiques, sociales et administratives dont elles sont victimes s'invitent à la barre du Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale (TASS) de Nantes aujourd'hui.

En attendant les conclusions de la mission parlementaire sur la Famille, Elodie et Karine entendent que leur famille soit reconnue par les administrations. Ce couple lesbien de Nantes élève un premier enfant issu d'une Fécondation In Vitro (FIV) réalisée en Belgique et attendent un second enfant, issu du même donneur danois, porté ce coup-ci par Elodie, Karine étant la mère biologique du petit garçon né en 2004.

En novembre dernier la CAF avait reconnu les deux femmes comme « mères » de l'enfant au titre des prestations sociales, la CPAM refusant quant à elle l'octroi d'un congé « paternité » de 11 jours à Elodie. En droit, Karine, mère biologique, est seule reconnue comme mère célibataire et reçoit les allocations correspondantes. Elodie, mère sociale, est inconnue aux yeux de l'administration et de la Caisse d'Allocation Familiale (CAF). Après s'être tournées légitimement vers la caisse de Nantes dont elles dépendent, les deux femmes sont considérées dès lors comme un couple au même titre qu'un couple hétérosexuel, la caisse jugeant opportunément que ce constat engendrait une diminution des aides à verser. Seule ombre au tableau, le traitement informatique du dossier du couple, le logiciel de la CAF ne prenant en compte que les couples hétérosexuels, Elodie s'est vue attribuée un nouveau numéro INSEE la désignant comme un homme. « Pour l'administration, je devais avoir un numéro de Sécu commençant par 1 et non par 2 ; alors, je suis devenue un homme pour elle et j'ai commencé à recevoir du courrier au nom de Monsieur Elodie. On a pris le parti d'en rire. » déclarait-t-elle au quotidien Le Parisien.

C'est maintenant face à la sécurité sociale que le couple réclame un traitement égalitaire de leur situation. L'issue fait peu de doute, mêmes pour les demanderesses, le directeur de la CPAM ayant indiqué qu'il n'avait rien contre le fait d'accorder un tel congé au parent social mais que la loi actuelle ne lui permettait pas de le faire, le parent social n'étant pas reconnu. On peut douter que le TASS face oeuvre de jurisprudence sur le sujet, lié par la loi, et renverra certainement dans ses motifs au législateur le soin d'apporter ou non une modification de la loi qui ne parle que du « père » comme bénéficiaire de ce congé.

Elodie a créé un site Internet, forum de la Famille et de la future famille homoparentale afin de renseigner toutes les femmes qui sont dans la même situation et d'échanger avec les familles homoparentales ses conseils. Karine a déjà prévenu qu'elle ne demanderait pas de congé paternité pour leur nouvel enfant à naître mais prendrait des congés payés joints aux jours que son employeur lui accorde pour qu'elle bénéficie des mêmes droits que les salariés (pères) de son entreprise.


On attend le 20 mars pour que le tribunal statue sur leur sort

Je préfèrerais en rire!
Pour éviter d'en pleurer on peut se rendre sur Le site d'Elodie .

Une lesbienne gagne le prestigieux prix Whitbread du meilleur roman!



J'apprends qu'Ali Smith a remporté le prestigieux prix Whitbread (Royaume-Uni) pour le meilleur roman de 2005. L'Écossaise a été couronnée le mercredi 4 janvier pour son livre The Accidental. Ali Smith, l’écrivain d’Inverness aujourd’hui basé à Cambridge (sud est de l’Angleterre) s’est imposée face à de très grands noms de la littérature britannique, Salman Rushdie ("Shalimar le clown") et Nick Hornby ("A long way down") notamment.
Déjà finaliste à deux reprises pour le Booker Prize, le plus célèbre des prix littéraires britanniques, en 2001 et 2005, Ali Smith a enfin décroché la récompense avec l’histoire d’Ambre, une femme qui va totalement bouleverser la famille Smart en débarquant à l’improviste sur le pas de sa porte, dans le Norfolk.

Son roman raconte l'histoire d'une femme mystérieuse qui séduit le fils adolescent d'une famille en vacances sur la côte est anglaise, semant le désordre dans leur vie, le tout sur fond de guerre en Irak. The Accidental, comme tous les livres de l'auteure jusqu'à présent, est dédié à sa compagne Sarah, avec laquelle elle vit depuis 18 ans.

Professeur d'université en Ecosse, Ali Smith avait abandonné son poste, victime de fatigue chronique, il y a quelques années, pour se consacrer définitivement à l'écriture. "The Accidental" est son troisième roman, après "Like" (1997) et "Hotel World" (2001). Il est maintenant en lice pour le prix Whitbread du meilleur livre de l'année, qui met en compétition les lauréats de 5 catégories: roman, premier roman, biographie, poésie et livre pour enfants. Ce prix, décerné le 24 janvier, est accompagné de 36.000 euros.

Cela m'inspire quelques réflexions:
* Tant mieux si une lesbienne voit son talent reconnu, ce n'est pas si souvent que cela arrive!.
* Je regrette toutefois que son histoire ne soit pas homo, cela fait un moment que je n'ai pas lu de bon roman homo, pas depuis les romans de Sarah Waters je crois.
* C'est bien, un prix de 36000 euros, pour une fois qu'un écrivain ne crève pas de faim, mais ça, c'est pour le ou la meilleure! Les autres peuvent continuer à faire la manche...