09 décembre 2006
Si ça vous chante!
et aussi
et bien sûr toujours l'excellent
14:15 Publié dans Homosexualité, Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Homosexualité
07 décembre 2006
Faut pas croire!
Ce n'est pas vrai que les rayons ça ne fait pas mal! A bas les idées reçues!
Les rayons c'est tous les jours ou presque et tu attends ton tour ou le retour de ton ambulancier dans la salle d'attente avec des gens parfois pires que toi. Et tu parles. Et tu écoutes les autres, leur souffrance, leur descente aux enfers, leur courage.
C'est là que tu réalises un peu plus ce qui t'arrive et que c'est loin d'être anodin. Avant tu n'as pas eu le temps et puis tu t'es focalisée sur guérir. Et la chirurgie et les traitements lourds ne t'ont pas trop laissé l'occasion de penser non plus. Et c'est bien.
Mais là tu commences à avoir le temps de penser parce que tu es moins fatiguée. Et tu commences même à culpabiliser de ne pas bosser parce que tu te sens mieux. Et quand arrive ta troisième semaine de rayons tu recommences à sentir la fatigue et tu te dis que ce n'est pas vrai. Pourtant si c'est vrai. Oh, ce n'est pas comme la chimio et puis tu manges bien et de bon appétit. Non, c'est juste que quand tu dois à nouveau faire la sieste dans la journée et que tes yeux sont bien cernés à nouveau, tu comprends que la forme olympique n'est pas encore là et que tu es drôlement vulnérable tout compte fait.
Tu te dis que finalement le boulot ce n'est pas pour tout de suite. Surtout que ta chef t'a parlé au téléphone quelques jours auparavant quand tu fanfaronnais presque suite à ton début de forme retrouvée. Elle t'a avisée qu'on ne te ferait pas de cadeau quand tu reprendrais ton poste et qu'on attendrait de toi du boulot nickel comme tu fais d'habitude. Et tous les jours! Et que tu ne pourrais pas dire que tu es trop fatiguée. Le jour où tu y retourneras, il faudra que tu sois au top à 100 %. Tiens-toi le pour dit. D'ailleurs on te l'a bien répété.
Et puis il y a ton aîné qui fait des conneries en ce moment et puis des graves encore. Il a été sanctionné et risque un renvoi définitif à la moindre incartade ultérieure. Mais le pire c'est qu'il ne se rend même pas compte à quel point c'est grave. Sûr que là tu te poses des questions, tu ne l'as pas assez responsabilisé, comment redresser la barre au plus vite?
Et puis tu encaisses en plus ses remarques désobligeantes, parce que tu as beau être soignée pour un cancer, il l'oublie un peu en ce moment. Tu arrives à obtenir une discussion avec son père qui pour une fois se mobilise et engueule son rejeton, sauf quand ton fils te traite mal devant lui et qu'il reste silencieux. Quand dira-t-il à ses enfants de respecter leur mère, quand?
Ce gosse se croit le roi du monde à pas encore quatorze ans, croit tout connaîte et tout savoir alors qu'il n'est que mépris, irrespect et mal-être. Il juge ses parents et ses copains. Il estime qu'il est malheureux et que ses parents lui "en font voir", mais refuse d'en parler à qui que ce soit. Il raconte des bêtises aussi, il ment, pire il devient mythomane à un stade inquiétant, bref, il est mal dans sa peau. Son acné ne s'arrange évidemment pas avec tout ça! Il cherche à être aimé de tout le monde et suit trois petits cons qui font... des conneries. Ca lui donne l'impression de s'intégrer à un groupe et d'être bien vu. Et il ne veut pas voir la psy que tu lui proposes, "il n'a pas envie...".
Va falloir remettre tout ce petit monde au pas dès ce week-end et que ça file droit. Mais il faudra en avoir la force et tout de suite encore.
Heureusement tu n'es pas seule, tu sais...
01:40 Publié dans Lame de fond, Vie de famille ... homoparentale | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Vaincre la maladie
05 décembre 2006
Grisaille
J'ai supprimé dans la nuit le post édité hier soir. De rage. De tristesse.
"Quel intérêt ça a? Je ne veux pas qu'on s'apitoie sur mon sort. Tout va bien. Et puis c'est faux, ce n'est pas sept jours sans séance ni douze séances d'effectuées mais treize! Je ne veux pas que tu en rajoutes sur moi. Je veux que tu t'occupes de ton travail et de ce que tu as à faire et pas de moi... etc..."
Il me semble pourtant que jamais je ne me suis apitoyée sur ton sort. C'est vrai, cela fait treize séances de faites - je me suis trompée en comptant, est-ce grave? - et puis les rayons sont décalés d'une semaine par rapport au timing prévu, je ne vois pas trop la différence avec sept jours, il faudra m'expliquer...
Je n'en rajoute pas. Tu ne sembles pas avoir lu le passsage où je parlais tendrement de la douceur de tes cheveux qui repoussent. Tu ne sembles pas avoir deviné mon inquiétude quand je vois ta peau qui rougit lentement alors qu'il reste deux semaines de rayons à accomplir. Tu ne sembles pas avoir fait le décompte des jours avant les vacances de Noël et vu que si cette satanée machine flanche encore, tu verras tes vacances avec les enfants grévées chaque jour par les séances restantes.
Tu n'as pas vu les matins où j'ai retenu un sursaut au réveil tant ton visage amaigri et tes yeux creusés faisaient peine à voir. Tu n'as pas compris l'intérêt du récit de notre combat dans ce blog. Il est écrit pour servir de témoignage, pour ne pas avoir l'impression d'être impuissante face à l'alien, pour mettre une distance entre lui et nous, pour m'aider à ne pas perdre courage et te transmettre toute l'énergie dont je dispose sans faillir. Il est écrit pour veiller sur ton entrée dans le sommeil et chasser les démons à l'heure où ils s'approchent de nous. Il est écrit pour exorciser la douleur et cette saloperie définitivement de toi.
Comment crois-tu que je pourrais travailler ou même simplement vivre sans toi? Tu ne veux pas être le centre du monde, pourtant tu es le centre du mien depuis que je t'aime. C'est vrai je ne suis que "conjointe", ce n'est pas moi qui ai la maladie, je n'ai pas le droit de me plaindre. Mais quand on voit la dégradation due aux traitements, la transformation physique, la fonte musculaire, l'affaiblissement qui résulte de la chimio... Nous ne sommes pas les acteurs certes, nous autres conjoints, mais spectateurs, et ce n'est pas facile tous les jours.
J'ai seulement peur de ta souffrance et je veux que tu te sentes bien. Alors je t'ai emmenée faire de l'exercice toutes les semaines avec moi depuis septembre et tu vois ton poids enfin remonter et ton corps se remuscler. Je suis sûre que tu vas reprendre du poil de la bête (dans tous les sens du terme!) beaucoup plus rapidement. Non je ne m'apitoie pas, ce n'est pas dans ma nature, j'essaie de regarder la réalité en face et d'agir, au mieux de ma conscience.
Mais cela n'a pas d'intérêt. J'en prends note.
08:40 Publié dans Lame de fond | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Vaincre la maladie












